Le bras de fer se poursuit sur la formation des enseignants

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enseignementCoup d'éclat ? Baroud d'honneur ? Mercredi, la Conférence des présidents d'université (CPU) a mis sa menace à exécution. Elle a « suspendu » sa participation à la commission Marois-Filâtre, chargée de réfléchir au contenu et aux modalités de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants. Elle a été suivie par les directeurs d'IUFM (instituts de formation des maîtres, intégrés aux universités), ceux des UFR de lettres et de sciences et par le Snesup (principal syndicat du supérieur).« Mastérisation »La CPU reproche au ministère de l'Éducation nationale de vouloir publier, d'ici à fin juin, six décrets fixant les modalités de la réforme de la formation des maîtres, dite « mastérisation » (les étudiants devront désormais être titulaires d'un master pour passer le concours et non plus d'une licence, l'année de stage en IUFM disparaissant). Pour eux, certaines dispositions de ces décrets « anticipent les résultats de la commission Marois-Filâtre », qui ne doit rendre ses conclusions que le 15 juillet. Le ministère ayant refusé toute concession mardi soir, la CPU a donc décidé de se retirer. Ce dossier « très difficile », qui implique de repenser formation et concours, nécessite une négociation « ouverte », estime Daniel Filâtre, coprésident de la commission et président de Toulouse-II Le Mirail : « Nous ne voulons pas être de simples opérateurs de la formation des enseignants. »Pour autant, la CPU ménage ses arrières puisqu'elle va continuer à élaborer des recommandations en parallèle et laisse sa porte ouverte à Xavier Darcos. D'ailleurs, tant chez ce dernier qu'au ministère de l'Enseignement supérieur, on minimise sa décision. Après tout, les étudiants feront d'eux-mêmes le tri entre les universités qui joueront le jeu de la réforme et celles qui s'y refuseront. Pour autant, cet épisode n'est pas sans laisser planer le risque d'une rentrée 2009 agitée, en entretenant le mécontentement des universitaires qui réclament le retrait des projets de décret. Ce sera l'une des revendications de la journée d'action de demain.

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