Les autorités déterminées à sauver AIG

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Prenant acte de l'échec patent du plan de sauvetage qu'elles ont concocté à la mi-septembre, les autorités américaines se sont résignées à un « plan B » pour AIG. Le gouvernement fédéral a dans un premier temps accordé un crédit d'urgence de 85 milliards de dollars à l'assureur ? porté à 123 milliards au bout de quelques semaines ? en échange d'une participation de 79,9 %. Une initiative qui n'a pas atténué l'exposition du groupe au crédit hypothécaire, principal responsable de sa perte de 24,5 milliards de dollars accusée au troisième trimestre.Réserve fédérale et Trésor ont donc décidé de se montrer plus généreux. D'un montant de 150 milliards de dollars, leur nouveau plan comprend un prêt de 60 milliards de dollars, se substituant à celui de 85 milliards initialement prévu, mais accordé dans des conditions plus favorables. L'État américain va par ailleurs acquérir pour 40 milliards de dollars de nouvelles actions préférentielles AIG.Enfin, la Fed va renouer avec l'esprit d'origine du « plan Paulson ». Elle va créer deux véhicules dotés à eux deux de 52,5 milliards de dollars, chargés de racheter à l'assureur des produits issus de la titrisation de crédits immobiliers résidentiels (RMBS) et des CDO (« collateralized debt obligations »), des produits structurés de crédit devenus illiquides. L'État s'expose ainsi à des pertes énormes mais évite une faillite aux conséquences incalculables.fidélité des clientsBien que dans son principal métier, l'assurance générale, les primes se soient repliées de 0,8 % à 11,7 milliards de dollars au dernier trimestre, AIG assure que ses activités demeurent robustes. La filiale d'assurance dommages AIG Europe SA, qui travaille dans vingt et un pays d'Europe continentale, prévoit une croissance de son chiffre d'affaires d'« environ 15 % à périmètre constant » en 2008, affirme Nicolas Aubert, directeur général en France. Le responsable ajoute que « la profitabilité d'AIG Europe SA s'annonce excellente » grâce à la fidélité des clients existants et une sinistralité limitée. Sur le seul marché français, l'assureur a engrangé « 15 millions d'euros d'affaires nouvelles ce dernier mois », souligne-t-il, mais il craint que la conquête de nouveaux clients soit plus difficile en 2009. Éric Chalmet, à New York,et Séverine Sollier

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