BNP Paribas négocierait l'abandon de Fortis Assurances

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Ninon Renaud, avec Yann-Antony Noghès à Bruxelles Il ne reste plus qu'un mois à BNP Paribas pour arrêter un plan de rachat des activités belges et luxembourgeoises de Fortis qui puisse avoir grâce aux yeux de l'ensemble de ses actionnaires. Le bancassureur a en effet annoncé hier que ceux-ci seraient convoqués en assemblée générale extraordinaire le 11 février à Bruxelles en Belgique et le 13 février à Utrecht aux Pays-Bas pour se prononcer sur cette opération.Annoncée le 5 octobre dernier, elle a été bloquée par une décision de la justice belge au motif que les actionnaires de Fortis auraient dû être consultés sur le démantèlement du groupe. « Le deal est mort en l'état actuel des choses et la BNP devra faire des efforts substantiels », prévient l'avocat de plusieurs centaines de minoritaires, Michael Modrikamen.Parmi les différents schémas envisagés, l'abandon de tout ou partie des activités d'assurance paraît l'option la plus sérieuse. D'un point de vue technique d'abord, parce que l'arrêt de la cour d'appel de Bruxelles du 12 décembre a maintenu les activités d'assurance de Fortis en Belgique dans Fortis Holding. L'opération consisterait donc à laisser cet actif où il est. D'un point de vue politique ensuite, cette opération permettrait de redonner de la substance au holding Fortis comme le souhaitent les actionnaires minoritaires. Dès l'annonce du rapprochement de BNP Paribas avec Fortis, ces derniers s'étaient en effet opposés à la cession des activités d'assurance de Fortis en Belgique qu'ils jugeaient sous-valorisées par l'opération.Pour BNP Paribas, renoncer à l'assurance de Fortis n'est toutefois pas indolore. L'acquisition lui permettrait de peser davantage sur ce segment d'activité, avec des implantations dans 41 pays et près de 150 milliards d'euros d'actifs. « La banque, qui s'estime moins en pointe sur ce segment, espérait transférer le savoir-faire de Fortis à l'ensemble de ses propres filiales d'assurance dans le monde », confie une source. Surtout, la séparation des activités d'assurance du réseau bancaire de Fortis pose un problème industriel important à BNP Paribas : 50 % du chiffre d'affaires de l'assurance est réalisé au sein de Fortis Banque ! Selon nos informations, la banque de la rue d'Antin n'accepterait cette solution que si un « accord industriel solide » lui assure de pouvoir distribuer les produits de Fortis Assurances.option radicaleBNP Paribas privilégierait toutefois une seconde option selon nos informations. Elle consisterait à ce que la banque prenne 51 % de l'assurance et laisse les 49 % restant au sein de Fortis Holding. Ce partage aurait l'avantage de ne rien changer au schéma industriel d'origine, tout en redonnant de la substance au holding. Mieux, la banque française, financièrement fragilisée par les derniers mois de crise financière, économiserait ainsi une partie non négligeable des 5,7 milliards d'euros de cash qu'elle devait apporter pour acquérir l'ensemble de l'activité.Malgré son flegme, BNP Paribas aura sans doute à c?ur d'évacuer l'option radicale défendue par Michael Modrikamen. Celle-ci consisterait à un retour de Fortis Banque dans le giron de Fortis Holding. Or, si « l'assurance de Fortis représente la cerise sur le gâteau de l'opération, le marché attend surtout de la banque française qu'elle reprenne les dépôts de Fortis afin d'être moins tributaire d'une politique de dividendes et d'octroi de crédits à des PME dictée par les pouvoirs publics, souligne un observateur averti. Le vrai sujet, c'est la nécessité pour BNP Paribas de procéder à une augmentation de capital si le rapprochement avec Fortis échoue », conclut-il. Pour obtenir les dépôts de la banque de détail de Fortis et rassurer les marchés, BNP Paribas a donc tout intérêt à céder tout ou partie de l'assurance.

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