Les ménages français continuent de s'endetter pour l'immobilier

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Il y a quinze ans, les Français avaient deux fois moins recours au crédit immobilier. La volonté d'avoir son toit a considérablement accru l'endettement des ménages au regard de leurs revenus (54 % du revenu disponible en 2008), alors que l'endettement lié au crédit à la consommation est resté modéré (11 %). La crise n'a pour l'instant pas fondamentalement bouleversé les comportements. C'est ce que note, pour sa 21ème édition, l'Observatoire des crédits aux ménages, sous la houlette de la Fédération bancaire française. L'an dernier, 52,6 % des ménages français détenaient un crédit, soit l'un des plus hauts niveaux depuis vingt ans. 10 millions de crédits ont été octroyés à 7 millions de ménages. La croissance des crédits est notamment portée par l'accession à la propriété. L'Observatoire constate que 19,2 % des moins de 30 ans étaient accédants en 2008, soit un des taux les plus élevés depuis vingt ans. À cet égard, si la distribution de crédits immobiliers a effectivement baissé l'an dernier, elle concerne les ménages qui étaient déjà propriétaires de leur logement et souhaitaient prendre un crédit pour changer de résidence principale. Les primo-accédants, eux, ont traversé 2008 sans être gênés par la crise.S'ils ont de plus en plus recours au crédit immobilier, les moins de 30 ans ont moins d'appétit pour le crédit à la consommation. En ce sens, explique Michel Mouillart, auteur de l'étude, professeur à l'université de Paris X, « les différences intergénérationnelles sont gommées : les jeunes adoptent les mêmes comportements que l'ensemble des ménages ».dégradation « ressentie »Reste que les effets de la crise pourraient commencer à se faire sentir. Et si Michel Mouillart explique que les promoteurs immobiliers enregistrent un très bon début d'année 2009 auprès des ménages modestes grâce au doublement du prêt à taux zéro, globalement, les effets de la crise pourraient se faire sentir en 2009. Les intentions de recours au crédit dans les mois à venir affichent un décrochage par rapport à il y a un an. Une évolution renforcée par la croissance du sentiment des ménages de la dégradation de leur situation financière, sentiment, précise Michel Mouillart, que ne vient étayer aucun chiffre. G. L. S

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