Le capital-investissement affiche un bilan 2008 désastreux

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Publiés à l'occasion du Forum des investisseurs de l'Association européenne du capital-investissement (EVCA), les chiffres 2008 du private equity européen n'ont fait que confirmer un constat fait depuis plusieurs mois par l'industrie : le capital-investissement est frappé de plein fouet par la crise. L'année 2008 a considérablement ralenti le rythme effréné d'investissement adopté entre 2005 et 2007. Ainsi, les montants investis par les fonds ont dégringolé de 27 % l'an dernier, passant de 72,2 milliards d'euros à 52,4 milliards. Privés des emprunts bancaires nécessaires à leurs opérations, les fonds de LBO (rachat par effet de levier), les plus touchés, se sont massivement retirés du marché. En 2008, ils ont investi 67 % de capitaux en moins, à 34,1 milliards d'euros. Face à ce retournement brutal de leur activité, certains acteurs comme Permira ou TPG ont décidé de réduire la taille de leurs fonds. « Les marchés des capitaux étant pratiquement fermés et compte tenu de toutes les incertitudes économiques, il n'est pas surprenant que l'investissement [?] ait baissé significativement en fin d'année », juge le secrétaire général de l'EVCA, Javier Echarri. Mais les fonds d'investissement, à la tête de « 80 milliards [?] en Europe », sont bien positionnés « pour trouver des opportunités », ajoute-t-il. Reste que les firmes de private equity ont mis le holà sur les levées de fonds déraisonnées. L'année dernière, elles ont ainsi collecté 20 % de capitaux en moins par rapport à 2007, à 54,5 milliards d'euros. des secteurs préservésEn revanche, la taille moyenne des fonds n'a connu qu'un léger reflux, passant de 497 millions d'euros à 426 millions. En outre, onze sociétés de gestion sont parvenues à lever plus de 1 milliard d'euros l'année dernière, soit une de moins, seulement, par rapport à 2007.Par ailleurs, le retournement économique n'a pas affecté toute l'industrie du private equity de la même manière. Certains la traversent même avec une santé insolente. Ainsi les fonds de capital-développement, dont le rôle est de soutenir les sociétés en croissance, ont connu une année faste en 2008, en multipliant par 2,5 leurs investissements. Au total, ils ont injecté 8,1 milliards d'euros dans plus de 600 entreprises, sous forme de prises de participations minoritaire ou majoritaire. Le capital-risque dit « early stage », c'est-à-dire à la création de l'entreprise, a également affiché une croissance de ses investissements (+ 13,3 %), à 2,7 milliards d'euros.Alexandre Maddens, à Genève

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