Chaque samedi, Stéphane Soumier, animateur de « Good Mornin...

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Chaque samedi, Stéphane Soumier, animateur de « Good Morning Business » tous les matins de 6 heures à 10 heures sur BFM, nous propose son bloc-notes de la semaine. DÉFENDRE THIERRY MORIN ?Je ne connais pas Thierry Morin, mais le lynchage m'exaspère ! Qui se penche sur le bilan de ses années à la tête de Valeo ? Qui relève, par exemple, qu'il s'est battu pour ne pas aller investir aux États-Unis, qu'il disait publiquement sa méfiance pour ce qu'il appelait les « usines UAW » (tenues par ce syndicat de l'automobile qui a compris trop tard que les avantages sociaux allaient participer au naufrage de l'automobile US). Certains actionnaires voulaient alors marier Valeo et Visteon. Pour ceux qui ne connaissent pas le secteur, je précise que cette ancienne filiale de Ford a bel et bien fait faillite il y a deux semaines. Valeo serait dans quel état si l'alliance s'était faite ? Qui rappelle que Valeo est aujourd'hui le quatrième « déposeur » de brevets en France ? Que vous avez encore le sentiment d'être dans un film de science-fiction quand vous regardez les dernières créations de la boîte : je suis encore ébahi quand je vois une voiture faire un créneau toute seule. D'ailleurs, Jacques Aschenbroich, le nouveau patron, n'a pas l'intention de remettre en cause la stratégie de se concentrer sur l'efficacité énergétique, l'aide à la conduite et le confort intérieur. Il est même persuadé de pouvoir construire l'avenir là-dessus, y compris dans les pays émergents. Je ne connais pas Thierry Morin, je lis, on me raconte, que l'homme n'écoute personne, qu'il est autoritaire, intransigeant, cassant. Et alors ? Est-ce que ça vaut l'enfer médiatique ?ET DEVEDJIAN ?Il faut lancer un avis de recherche ! On a perdu le plan de relance ! Franchement, vous l'avez vu quelque part ? « Regardez sous le tunnel du Fréjus », dit le ministre. On a regardé, difficile quand même d'y trouver 10 milliards. JUSTICE ?L'histoire d'Olympia restera ma passion de la semaine. Vous en avez forcément entendu parler. Le fabriquant de chaussettes doit restructurer et se refuse à offrir aux salariés licenciés un poste en Roumanie à 110 euros par mois, « par décence », dit la patronne. Eh bien, elle aurait dû le faire. Le droit n'a que faire de la décence. Condamnée une première fois en justice il y a trois ans, condamnation confirmée par la cour d'appel de Reims il y a trois semaines : 2,5 millions d'euros d'indemnités, pour une société qui fait un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros et se prépare tout juste à sortir du rouge après des années de pertes. Mais il faut rentrer dans le détail du jugement, tout y est sidérant : l'entreprise avait tenté de préserver les salariés les plus fragiles, parents isolés, seniors, handicapés. Elle n'en avait pas le droit : condamnée ! La justice exige la convocation d'une « commission paritaire de l'emploi »? qui n'existe pas : condamnée ! « On avait pourtant pris le plus grand cabinet d'avocats de Paris pour mettre en place le plan social », raconte Catherine Rambaud, le PDG, « on savait très bien que c'était compliqué, mais de là à imaginer ça ! ». Aujourd'hui, le sort de la boîte dépend d'un référé qui sera délibéré à la fin du mois et qui permettra peut-être d'attendre un dernier jugement de la Cour de cassation. Catherine Rambaud ne veut donc pas risquer le mot de trop, « mais c'est le signe quand même d'une étrange façon de voir l'entreprise, non ? » le bloc-notes de stéphane soumie

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