Le plongeon des recettes fiscales va encore creuser le déficit

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Du jamais-vu en temps de paix : sur les quatre premiers mois de l'année, les recettes fiscales encaissées par l'État ont plongé de 27 % par rapport à la même période de 2008, selon les données diffusées hier par le ministère du Budget et des Comptes publics. Du coup, au tiers de l'année, le déficit budgétaire atteint le niveau record de 71,9 milliards d'euros, soit 60 % de plus que sur la même période de 2008. Il est d'ores et déjà acquis que l'objectif officiel d'un déficit budgétaire (pour l'État) de 104,3 milliards pour l'exercice 2009 (soit le double du montant initialement prévu) sera dépassé. plus de 6 % du PIBLe ministre du Budget, Éric Woerth, fera le point sur le sujet à l'occasion du débat d'orientation budgétaire pour 2010, le 24 juin. La plupart des économistes anticipent un dérapage des déficits publics (État, régimes sociaux, collectivités locales) bien au-delà des 6 % du PIB.La récession, d'une ampleur également inconnue depuis que sont calculées des statistiques du PIB (1949) est bien sûr à l'origine de cet effondrement. La baisse de 3 % de la richesse nationale produite provoque d'abord une chute des bénéfices des sociétés, et donc des rentrées d'IS (voir ci-dessous). Les rentrées de cet impôt sont traditionnellement très volatiles. Leur évolution à la hausse ou à la baisse amplifie toujours la conjoncture générale. Mais jamais un tel effondrement n'avait été enregistré. Plus surprenante encore est la baisse des recettes de TVA, dont on croyait que les recettes profiteraient d'une consommation qui se maintient.pas de hausses d'impôtQuelles conséquences de politique économique le gouvernement va-t-il en tirer ? Le refus de toute hausse d'impôt va sans doute rester l'alpha et l'oméga de la stratégie fiscale de l'exécutif. Son successeur, après 2012, devra sans doute recourir au contraire à de nouveaux prélèvements obligatoires pour réduire le déficit.S'agissant du budget de l'État, l'impasse peut continuer à se creuser. L'agence France Trésor parvient à le financer sans difficultés, sans que les marchés financiers renâclent (voir ci-dessous). Ce sera plus compliqué pour la Sécurité sociale, qui ne peut emprunter, et doit transférer ses déficits à la Cades, laquelle n'a pas de ressource suffisante pour l'absorber? n

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