La baisse des prix observée en mai ne devrait pas durer

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C'est un phénomène inédit depuis 1957. Pour la première fois depuis cette date, l'indice des prix à la consommation affiche une baisse de 0,3 % en mai en glissement annuel, selon l'Insee, dans le sillage du reflux des cours des matières premières, notamment énergétiques depuis un an et qui s'est accentué à l'automne. Le prix de l'énergie a dégringolé de 17,1 % en mai en glissement annuel.Ce recul des prix peut-il se prolonger au cours des prochains mois ? C'est peu probable selon l'Insee, qui base son diagnostic sur la hausse pourtant timide de 0,2 % des prix observée entre avril et mai. « Celle-ci traduit le renchérissement saisonnier des autres services et des produits frais, ainsi que celui des produits pétroliers », explique l'institut. Une augmentation des prix des produits pétroliers qui n'est pas prête de s'arrêter selon les économistes. « La politique restrictive de l'Opep explique en grande partie le renchérissement actuel du prix du brut. En limitant volontairement leurs capacités de production, les pays membres de l'organisation ont trouvé le moyen de faire remonter les cours », explique Anton Brender chez Dexia AM, en évoquant également le rôle important joué par les achats spéculatifs des investisseurs.Alors que le marché du travail se dégrade de jour en jour, que la masse salariale affichera un recul sans précédent cette année (? 1,25 %), ce retour des tensions inflationnistes pourrait mettre à mal les prévisions 2009 du gouvernement qui parie sur une accélération de la progression du pouvoir d'achat (+ 1 % après + 0,8 % en 2008).De facto, elles remettent aussi en cause l'hypothèse selon laquelle la consommation des ménages résistera (+ 0,4 %) évitant ainsi à l'économie française de sombrer aussi brutalement que celles de ses voisins. L'effet d'entraînement des 14 milliards d'euros de dépenses gouvernementales destinées à soutenir le pouvoir d'achat des Français, et en particulier des plus modestes, pourrait bien être effacé par un retour inopiné de l'inflation.Fabien Piliu

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