L'État se désengage de la formation des chômeurs

 |   |  389  mots
emploiTout au long de l'automne 2008, l'État a pressé les partenaires sociaux de conclure un accord sur la réforme de la formation professionnelle. En les poussant notamment à mieux prendre en charge la formation des demandeurs d'emploi et des salariés peu qualifiés. Mais, en raison de l'encombrement parlementaire au premier semestre 2009, les députés ne se pencheront sur la transcription législative de cet accord qu'à partir de mercredi.Il y a pourtant urgence tant le nombre de demandeurs d'emploi a explosé depuis le début de la crise. Certes, à titre transitoire, les partenaires sociaux et l'État ont débloqué respectivement 200 et 160 millions d'euros dans le cadre du fonds d'investissement social pour faire face aux impératifs de 2009. Mais le dispositif pérenne prévu dans l'accord de janvier 2009 est beaucoup plus ambitieux. En réorientant une partie des cotisations formation des entreprises, un fonds de sécurisation des parcours professionnels doit être créé avec une dotation annuelle de 900 millions d'euros. Une somme qui doit permettre de former 500.000 salariés peu qualifiés supplémentaires et 200.000 chômeurs de plus chaque année.En incitant les partenaires sociaux ? et notamment un patronat très réticent ? à prendre en charge la formation des demandeurs d'emploi, l'État accentue aussi son désengagement à l'égard de ce public. Selon une étude du ministère du Travail, le nombre de stages à destination des chômeurs pris en charge par l'État n'a cessé de décroître au fil des années et est passé de 671.000 en 1990 à 155.400 en 2007, pour se concentrer sur des catégories particulières (détenus, migrants, etc.). transfertCertes, sur la période récente (2006-2007), la diminution est essentiellement due au transfert, vers les régions, des crédits de l'État destinés aux formations réalisées par l'Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). Mais le retrait de l'État n'en est pas moins réel. En 2007, les régions ont financé plus de la moitié des 594.000 stages alors que l'assurance chômage a vu sa contribution s'établir à 11 %, contre 5 % en 2003. Cet équilibre devrait cependant être modifié une nouvelle fois à partir de 2010 avec la mise en ?uvre du fonds de sécurisation des parcours professionnels. À moins que les parlementaires ne modifient en profondeur le projet de loi? Agnès Laurent

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :