La baisse des prix passée au crible

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Pas de déflation?: les experts officiels ne veulent pas entendre parler de ce terme évocateur de crise. Pourtant, la baisse des prix s'est encore accentuée en juillet, selon les données publiées hier par l'Insee. Les prix à la consommation ont reculé de 0,4 % par rapport au mois précédent, et de 0,7 % sur douze mois (juillet 2009 comparé à juillet 2008). Du jamais vu depuis 1957? Déjà, en mai et juin, l'indice avait baissé, mais dans une moindre mesure.Ces experts ont, il est vrai, de bons arguments pour écarter le terme de déflation. Celle-ci se caractérise par « une baisse généralisée et durable des prix », affirme Benoît Heitz, chef de la division synthèse conjoncturelle à l'Insee, cité par l'AFP. Or, en l'occurrence, « la baisse est limitée dans le temps, puisque nous prévoyons toujours un retour à une inflation positive dès la fin de l'année ». De plus, il s'agit d'un phénomène « localis頻.De fait, tous les prix ne baissent pas, loin s'en faut. Seuls ceux de l'énergie reculent franchement, sous l'effet du reflux des cours pétroliers, par rapport au pic de juillet 2008. Ce phénomène devrait jouer beaucoup moins au cours des prochains mois. Les prix dits « sous-jacents », c'est-à-dire hors énergie ,et autres prix volatils (produits frais) ont, eux, plutôt tendance à grimper. Ils augmentent de 2,2 % sur douze mois (lire graphique).hausse à long termeCertaines tendances de long terme témoignent toutefois de fortes pressions sur les prix, liées à la concurrence mondiale. C'est le cas pour les tarifs des produits manufacturés. Sur un an, ils ne bougent pas (+ 0,2 %). Mais sur longue période ? par rapport à l'année 1998, base de l'indice Insee ?, ils reculent de 0,7 %. Dans cet ensemble, l'habillement, qui compte pour près de 5 % du budget des ménages, est en baisse de 4 % sur cette période. Les tarifs des autres produits augmentent à peine (+ 2,35 %). Les prix de la high-tech sont en chute libre. Selon l'Insee, le coût d'un microordinateur a été divisé par 7 depuis 1998.Mais les Français ne perçoivent pas toujours cette réalité. Ils voient les prix alimentaires augmenter (+ 23 % sur 11 ans), dans leurs hypermarchés (+ 20 % pour l'ensemble des produits vendus) de même que ceux des services (+ 27 % depuis 1998). Ceux des plombiers et autres artisans chargés de menues réparations détiennent la palme de la hausse (+ 30 %), juste avant les loyers (+ 28 %). n

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