Les constructeurs espagnols exigent des aides directes

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Paradoxe : alors que huit États européens, dont la quasi-totalité des grands producteurs, ont accepté le principe des aides directes au secteur de l'automobile, le pays dont le marché a connu la chute la plus brutale, l'Espagne, s'y refuse toujours. C'est en partant de ce constat que les représentants des onze organisations du secteur (fabricants, mais aussi concessionnaires et équipementiers), qui revendiquent au total quelque 600.000 emplois directs et 2,4 millions indirects, ont présenté hier leurs doléances communes.Selon eux, l'actuel plan gouvernemental de prime à la casse a démontré son insuffisance face à une dégringolade des immatriculations qui a atteint 45 % en janvier et près de 50 % en février, après les 28 % de 2008 (« la chute la plus brutale de l'histoire de l'industrie automobile espagnole », ont-ils souligné). Aussi veulent-ils remplacer ce système, basé sur l'octroi de crédits bonifiés pour le remplacement d'un véhicule de plus de dix ans d'âge, par une aide directe à l'acheteur : 1.200 euros pour les voitures particulières, et entre 3.000 et 12.000 pour les véhicules industriels. Cette « mesure exceptionnelle face à une situation exceptionnelle » devrait permettre, selon les calculs du secteur, la vente de quelque 150.000 véhicules supplémentaires en 2009. Son coût avoisinerait les 560 millions d'euros, mais son impact fiscal serait neutre, affirment les pétitionnaires, grâce à la hausse induite du recouvrement de l'impôt sur les immatriculations. Le secteur demande en outre des facilités financières pour l'acheteur (près de 80 % des véhicules s'achètent à crédit en Espagne), qui impliquent d'inclure les entités de financement d'achat de véhicules dans les lignes de crédit exceptionnelles offertes au secteur financier.réticenceQuel sera l'accueil réservé par le gouvernement aux représentants d'un secteur qui assure 5 % du PIB national et 9 % de l'emploi total ? Craignant une spirale de revendications sectorielles s'il cède pour l'automobile, le ministre de l'Industrie, Miguel Sebastián, est réticent. Il a répété mardi que l'actuel plan de prime à la casse sera maintenu en l'état, et qu'une fois arrivé à terme ? après pas moins de quatorze ans de plans semblables successifs ? il ne sera pas prorogé. Le ministre a souligné que « 75 % des voitures achetées dans notre pays sont produites à l'étranger », et que, dans ces conditions, le budget espagnol ne devait pas servir à stimuler l'emploi au-delà des frontières.Thierry Maliniak, à MadridLa dégringolade des immatriculations a atteint 45 % en janvier et près de 50 % en février.

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