« Ouf » de soulagement pour les banques

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Les valeurs bancaires continuent de jouer aux montagnes russes. Après s'être effondré de 18 % la semaine précédente, l'indice DJ Stoxx 600 Banques s'orientait, hier à la mi séance, vers un gain hebdomadaire de 18 %. Une marée montante qui a soulevé les banques françaises, avec des gains de 35 % pour BNP Paribas, 26 % pour Natixis, 20 % pour Crédit Agricolegricole et 18 % pour Société Généralecute; Générale.à défaut de retour de la confiance, cette bonne semaine s'explique par un reflux de la défiance concernant les perspectives du secteur bancaire américain, hanté ces derniers temps par le spectre d'une nationalisation pure et simple de ses géants, Citigroup et Bank of America en tête. C'est le directeur général du premier qui a déclenché ce rally. Dans une note interne « fuitée » mardi, Vikram Pandit a affirmé que Citigroup avait gagné de l'argent sur les deux premiers mois de l'année. Une touche d'espoir étayée jeudi par le président non exécutif de la banque, Richard Parsons, selon qui son établissement, « l'un des mieux capitalisés au monde », n'aura pas besoin de davantage d'argent de la part du gouvernement. De quoi redonner des couleurs au titre Citigroup, qui bondissait de près de 80 % sur la semaine, revenant ainsi à son niveau de la mi-janvier.expressions de confianceDans la foulée, ses deux principaux concurrents, JP Morgan et Bank of America, ont fait des annonces similaires, le patron du second, Kenneth Lewis, allant jusqu'à affirmer que son établissement s'attendait à enregistrer un résultat ? avant impôts et provisions ? de 50 milliards de dollars sur l'ensemble de l'année. Mais ces expressions de confiance retrouvée sont loin de convaincre tout le monde, surtout de la part de banques dont les prévisions ont été régulièrement ? et massivement ? prises en défaut depuis le début de la crise. Ainsi Kenneth Lewis avait-il anticipé pour Bank of America un résultat par action de 4 dollars pour 2008, près de huit fois plus que les 55 cents finalement réalisés.Au-delà des annonces des banquiers américains, « ce rebond a été soutenu par la décision américaine, annoncée mardi, d'interdire les ventes à découvert en dessous du dernier prix coté, une pratique qui avait entretenu le mouvement baissier, notamment sur les valeurs financières », estime un analyste.Reste que pour beaucoup, le rally de cette semaine s'apparente plus à un « ouf » de soulagement qu'à l'amorce d'une vraie reprise, tant les cours de Bourse des banques avaient eu tendance à intégrer un scénario d'implosion du secteur bancaire. Cette crainte écartée, au moins pour le moment, les investisseurs devraient à nouveau se focaliser sur la montée du coût du risque à l'approche des résultats du premier trimestre. B. J.

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