L'Etat allemand très critiqué sur la prime à la casse -

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En faisant passer de 1,5 à 5 milliards d'euros l'enveloppe de la prime à la casse automobile, le gouvernement allemand a-t-il d'abord fait un geste électoral à cinq mois du scrutin fédéral du 27 septembre ? C'est l'opinion du patron du prestigieux institut ZEW, Wolfgang Franz, qui dirige par ailleurs le groupe d'expertise économique indépendant chargé de conseiller le gouvernement. Pour lui, cette prime à la casse élargie n'est rien d'autre qu'un « non-sens économique », mais il estime que la chancelière Angela Merkel a craint la « colère des électeurs » si elle enterrait la mesure. Wolfgang Franz n'est pas isolé. Depuis l'annonce mardi de la décision gouvernementale, ce sont non seulement les représentants de l'opposition, de l'extrême gauche aux libéraux, mais aussi plusieurs hauts responsables des milieux économiques qui font part de leurs doutes sur l'efficacité économique de cette mesure et qui pointent son caractère politique.« effets secondaires »Car, si les sondages estiment que les deux tiers des Allemands sont favorables à ce dispositif, celui-ci pourrait bien se révéler « un médicament avec beaucoup d'effets secondaires », comme l'a souligné le président des chambres de commerce et d'industrie (DIHK), Heinrich Driftmann. Déjà, les casses semblent incapables de faire face à la demande et les prix des véhicules d'occasion, non concernés par la mesure, s'effondrent. Par ailleurs, la mesure profite surtout aux véhicules bas de gamme assemblés en Europe centrale. Jeudi, un rapport de Deloitte signalait même qu'un dixième des commandes de véhicules neufs en Pologne provenaient d'Allemands ayant bénéficié de la prime et alléchés par le zloty faible. Enfin, beaucoup jugent que les achats de véhicules réalisés aujourd'hui ne seront pas faits demain. « L'an prochain, les gens n'achèteront plus une seule auto », redoute ainsi Heinrich Driftmann, qui relève aussi que dans les autres branches on comprend mal la sollicitude gouvernementale envers le seul secteur automobile.Du coup, on s'inquiète que la grande coalition n'utilise les caisses de l'État pour financer la campagne électorale des deux partis au pouvoir. « Le gouvernement a perdu toute mesure dans l'usage de l'argent des citoyens », s'est ainsi inquiété le président des jeunes entrepreneurs, Dirk Martin, tandis que les libéraux du FDP parlaient de « la campagne électorale la plus chère de l'histoire de l'Allemagne ». Romaric Godin, à francfortla mesure profite surtout aux véhicules bas de gamme assemblés en Europe centrale.

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