Les " Frontier Markets ", nouveaux émergents

 |  | 786 mots
Lecture 4 min.
À mesure que l'univers des marchés émergents gagne en maturité, les investisseurs cherchent des opportunités sur des marchés moins connus. Cette tendance a donné naissance à une nouvelle catégorie de marchés actions, qualifiés de " Frontier Markets " ou marchés émergents d'avenir (par différentiation avec les Bric [Brésil, Russie, Inde, Chine] et les marchés émergents dits " établis ").Il n'existe pas de définition stricte de ces nouveaux marchés. Ce qui les rassemble n'est pas tant d'ordre démographique ou économique que d'avoir pour point commun un marché boursier relativement rudimentaire, caractérisé par la faiblesse des volumes traités, un environnement réglementaire imparfait et un niveau de transparence limité.Toutefois, bien que restreints et relativement illiquides, ces marchés s'ouvrent progressivement aux investisseurs internationaux et, surtout, vont évoluer vers un statut de marché émergent " établi ".Si le Vietnam peut apparaître comme emblématique de ces marchés émergents d'avenir, l'Asie ne constitue pourtant qu'une part modeste d'un tel univers. La plus large part est représentée par le Moyen-Orient et l'Afrique, en particulier trois grands pays : Koweït, Émirats arabes unis et Nigeria. Leur secteur financier y est dominant, comptant pour près des deux tiers de la capitalisation boursière totale. Viennent ensuite les valeurs de l'industrie, de l'énergie et des télécoms.Sous-capitalisés et sous-investis.Ces dernières années, un grand nombre de ces pays d'avenir ont connu un essor important, porté par la libéralisation et l'ouverture de leur économie et de leurs marchés de capitaux. L'amélioration de la dynamique macroéconomique se reflète d'ailleurs dans la solidité de leur balance extérieure et de leur croissance économique. Pour un investisseur, l'opportunité réside dans le fait que, malgré ces progrès, les marchés d'avenir demeurent sous-capitalisés et sous-investis : ils représentent moins de 1 % des encours des OPCVM spécialisés sur les places émergentes (toutes catégories confondues). Si, à court terme, on peut s'interroger sur leur degré de résilience face à un environnement économique mondial en repli, à long terme, leur croissance structurelle constitue le point capital pour les investisseurs.Abondance de ressources naturelles. Le cas de l'Afrique est à cet égard exemplaire. Le continent est désormais considéré comme le dernier "Nouveau Monde ", tant pour sa croissance que pour son potentiel. Les développements fondamentaux qu'ont connus les pays émergents dans les années 1980 et 1990 ont en effet lieu en ce moment en Afrique subsaharienne : la croissance prend son essor grâce au secteur privé, et les marchés financiers commencent à s'ouvrir.Personne ne saurait nier l'abondance des ressources naturelles en Afrique. Les économies gourmandes en matières premières telles que la Chine et l'Inde continuant leur expansion, les exportateurs de ressources naturelles en seront les premiers bénéficiaires. Ce constat est souligné par les relations que ces pays tissent avec les nations africaines.La Chine est actuellement le plus grand investisseur en Afrique. Elle s'est récemment engagée à hauteur de 20 milliards de dollars pour soutenir des projets d'infrastructures. Ceux qui croyaient au parcours économique chinois ces dix dernières années devaient investir au Brésil. Pour cette décennie, ceux qui croient en la Chine pourraient être inspirés de considérer l'Afrique.Outre les ressources naturelles, l'Afrique peut offrir de belles perspectives grâce à ses marchés sous-exploités, aux changements structurels en cours et à la consommation domestique. Des opportunités se font jour dans la distribution et les services financiers à mesure que la hausse des revenus se traduit par l'augmentation de la ­consommation. Prenons par exemple le secteur des télécoms au Nigeria. Dans ce pays, le plus peuplé d'Afrique subsaharienne et dont l'économie est la plus importante après celle d'Afrique du Sud, le nombre d'utilisateurs de téléphonie mobile est passé de 500.000 en 1999 à 36 millions aujourd'hui ! Avec près de 150 millions d'habitants et une croissance économique estimée à 8 % cette année, le potentiel de hausse reste encore significatif.Couple rendement-risque dynamique. Par nature, investir dans un marché émergent d'avenir présente davantage de risques, liés à la fragilité macroéconomique, aux incertitudes politiques ou à un cadre réglementaire sommaire. Malgré cela, ces marchés offrent une possibilité de diversification pour un investisseur, dans une optique de couple rendement-risque dynamique. Ils comptent parmi les régions qui enregistrent la plus forte croissance au monde, alors qu'ils n'ont bénéficié jusqu'à maintenant que de faibles investissements. L'amélioration des fondamentaux économiques, les tendances démographiques porteuses et des politiques économiques plus prudentes présentent des perspectives attrayantes pour un investisseur de long terme.(*) Directeur de la gestion actions émergentes, JP Morgan Asset Management.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :