CDS de Lehman : 270 milliards de dollars changent de main

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Vendredi, on a soldé les comptes des CDS (credit default swaps) sur la banque américaine Lehman Brothers en faillite. Les CDS sont des sortes de contrats d'assurance contre le risque de défaut d'un émetteur d'obligations. Comme les obligations de Lehman ne valent plus que 9 % de leur valeur nominale, ceux qui avaient pris une assurance contre le risque de défaut de Lehman (qui avaient " acheté la protection " ) recevront 91 % du montant assuré, soit 270 milliards de dollars. S'ils avaient acheté cette protection pour couvrir le risque d'un portefeuille d'obligations Lehman, ils trouveront là une compensation à leur placement malheureux. S'ils l'avaient fait par spéculation en anticipant les difficultés de Lehman, ils gagneront beaucoup d'argent. En face, ceux qui avaient assuré le risque (qui étaient " vendeurs de protection " ), et encaissé quelques primes dans le passé, paieront les 270 milliards. Certes, celui qui était vendeur de protection ne courait pas plus de risque que l'investisseur qui détenait des obligations de Lehman. On aimerait cependant être sûr qu'il agissait avec la prudence nécessaire. Les CDS permettent en effet de prendre un risque de crédit sans la nécessité de prêter l'argent, ce qui rend l'opération plus facile. Par exemple, un assureur est limité dans l'achat d'obligations par le montant de ses réserves et de ses fonds propres. Il n'est quasiment pas limité dans la vente de protection via des CDS. On a ainsi appris que l'américain AIG, le plus grand assureur du monde, était vendredi un des principaux intervenants dans l'opération de dénouement des CDS de Lehman. Cela explique pourquoi la faillite de Lehman a obligé dès le lendemain à nationaliser AIG, pourtant apparemment très bien capitalisé. Quand on sait que les CDS atteignent plus de 50.000 milliards de dollars (voir graphique), que le risque en est porté par des institutions mal surveillées, et que ce risque est en augmentation puisqu'il y a de plus en plus d'émetteurs malades (rappelons qu'un CDS est un pari sur le décès d'un émetteur), on comprend ce que voulait dire Warren Buffett quand il disait que les CDS sont des " armes financières de destruction massive ".

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