Michel Didier : " Des marchés moins irrationnels qu'on le dit "

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Comment analysez-vous la crise actuelle ?On assiste à un enchaînement successif de renversements économiques et financiers venus des États-Unis, avec à l'origine le retournement du marché de la construction dès le début 2006. Les banques, américaines notamment, ont été de moins en moins prudentes. L'activité économique européenne a bien résisté jusqu'au printemps dernier avant de s'arrêter brutalement. La crise bancaire actuelle risque d'accentuer la récession économique, au départ classique.La situation serait donc partie pour durer ?Oui. Ce retournement de cycle prendra du temps avant d'être enrayé. Mais il y aura une reprise et les marchés vont l'anticiper par un redémarrage d'ici l'été prochain. L'action des banques centrales atténuera la décrue économique.Vous êtes un spécialiste de la psychologie des marchés. Les considérez-vous comme parfaitement rationnels ?Parfaitement rationnels sûrement pas, mais moins irrationnels qu'on le dit. Ce n'est pas seulement le très fort sentiment de panique qui fait la chute de la Bourse. Les Bourses reflètent aussi l'état d'une économie réelle qui ralentit fortement. Les marchés reviennent à leur prix sous le choc de cette récession qui elle-même alimente le stress du crédit interbancaire. Ce retournement est l'inverse du précédent, qui avait commencé en 2000 par une forte correction boursière, conséquence de comportements " panurgiens " sur la " nouvelle économie ", suivie d'une récession très relative. Nous ne sommes pas dans le même schéma. La défiance a démarré cette fois sur le crédit entre les banques. Regardez la situation des financières : il y a eu des actifs incotables. Tout le monde veut vendre et il n'y a aucun acheteur en face !Dans ce contexte, quels sont les actifs à privilégier ?Cela dépend de l'horizon de placement et du degré d'aversion au risque. Ceux qui veulent pouvoir disposer facilement de leurs liquidités pourront les placer sur des fonds monétaires classiques, voire privilégier les fonds de certificats de dépôt des banques solides. Il faut " reprendre ses esprits ". Il n'y aura aucun défaut bancaire en France.Et revenir sur les actions ?Quand on est dans l'orage, il ne faut pas bouger. Il y aura à terme des éléments de soutien comme la fin du recul de la construction aux États-Unis, la désinflation, la baisse des taux d'intérêt. Plutôt qu'une approche sectorielle, il faut être très sélectif et privilégier les valeurs ayant prouvé leur résistance aux chocs passés. On peut commencer à saisir des opportunités, augmenter très progressivement la part des actions à 10 %, puis 20 %.

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