Yahoo, un nouveau défi pour Carol Bartz

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en décidant de nommer Carol Bartz à la tête de Yahoo, le conseil d'administration de la société récupère un vétéran des hautes technologies américaines qui a gagné ses galons à la force du poignet. Et surtout, il installe une femme qui a conquis le c?ur de Wall Street. Qu'on en juge : « Carol Bartz fut un directeur général très efficace chez Autodesk, souligne Brent Thill, analyste de Citigroup. Elle a permis de porter à plus de 4 milliards de dollars la capitalisation boursière de la société. » Et Mary Meeker, l'analyste star de Morgan Stanley pour l'Internet, de renchérir : « Compte tenu de son travail de plus de trente années dans l'industrie des technologies, elle sait que la clé du succès est la somme d'un bon travail d'ingénierie, d'une bonne vision stratégique et d'une relation client efficace. »On attend beaucoup d'elle et notamment qu'elle définisse une vision stratégique entre trois options envisagées par Wall Street : gérer Yahoo pour sa capacité à dégager du cash, privilégier la croissance ou bien trouver un acheteur pour l'ensemble de l'entreprise ou ses parties. Carol Bartz ne part pas de zéro : en novembre 2008, 554 millions de visiteurs uniques ont visité le portail.C'est Autodesk qui a fait d'elle une des « femmes les plus puissantes des États-Unis », selon le magazine « Fortune ». Arrivée chez cet éditeur de logiciel de conception assistée par ordinateur en 1992, elle quittait une carrière déjà brillante chez Sun Microsystems comme responsable mondiale des opérations. Diplômée en sciences de l'informatique de l'université du Wisconsin, elle avait débuté chez 3M puis était passée chez Digital Equipment. Lorsqu'elle pousse les portes d'Autodesk, la société réalise 285 millions de dollars de chiffre d'affaires et 58 millions de bénéfice net. Quatorze ans plus tard, lorsqu'elle prend sa retraite d'Autodesk en 2006 (où elle conserve le poste de chairman), l'entreprise réalise 827 millions de chiffre d'affaires et son bénéfice atteint 323 millions.réorganisation, prédictionÀ son arrivée pourtant, l'éditeur manque singulièrement de méthodes de travail. Son chiffre d'affaires et sa rentabilité en dents de scie sont liés à la sortie, plus ou moins bien programmée, de nouvelles versions du fameux logiciel AutoCAD.La première tâche de Carol Bartz sera d'apporter visibilité et prédiction à cette activité clé pour l'éditeur. Dans le même temps, elle s'efforce de sécuriser le flux de maintenance, c'est-à-dire les sommes payées par les clients pour obtenir les mises à jour et le service après-vente. Une tâche menée en parallèle à son combat contre un cancer du sein.Son analyse des forces et faiblesses d'Autodesk lui fait choisir trois directions : porter le logiciel sur Windows et sur PC (Sun Microsystems y verra une trahison), réaliser des acquisitions d'activités complémentaires, comme les effets spéciaux pour le cinéma, et adopter les technologies Internet pour améliorer l'efficacité de son produit.Son dynamisme ne passe pas inaperçu dans la Silicon Valley. En 1996, John Morgridge, président de Cisco, l'invite au conseil d'administration. En 2005, c'est au tour de NetApp, le spécialiste du stockage informatique, de la solliciter. Puis, Intel la contacte en 2007. Autant dire qu'elle connaît tous ceux qui comptent et qu'elle peut nouer des partenariats sur un coup de téléphone.Nul doute, ses services et son talent d'organisation seront précieux pour Yahoo. Il lui faudra peut-être s'adjoindre les connaissances d'un spécialiste des médias pour mener à bien sa mission.

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