Les marchés d'Euronext enfin unifiés
La Tribune
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Annoncée en mars 2000, la fusion des Bourses de Paris, de Bruxelles et d'Amsterdam au sein d'Euronext est sur le point d'être parachevée. Euroclear lancera ce week-end en Belgique et aux Pays-Bas sa plate-forme intégrée de règlement livraison (livraison contre paiement), baptisée ESES. La bascule, qui devrait permettre les premiers dénouements lundi, avait eu lieu dès novembre 2007 pour le marché français. Pour Nyse-Euronext, dont Euronext est devenu une filiale en avril 2007, c'est le dernier étage de la fusée après le passage à une plate-forme unique de négociation et l'adoption par LCH.Clearnet d'un système unique de compensation. Dès lundi, Euroclear appliquera une grille tarifaire harmonisée sur ces trois marchés. Autrement dit, une valeur cotée à Amsterdam sera accessible dans les mêmes conditions tarifaires et de fonctionnement qu'une valeur française pour un intervenant français. Ce qui permet à Euronext de mettre en place un carnet d'ordres unique pour ces trois marchés. Pour les valeurs à cotations multiples au sein d'Euronext, une seule ligne de négociation sera retenue. ArcelorMittal a ainsi prévenu que son action serait négociable sous un code mnémonique unique (MT) : celui d'Amsterdam, son marché principal. fin de la multicotation« Avec cette plate-forme unique de règlement livraison pour les marchés belge, français et hollandais, la multicotation n'a plus d'intérêt au sein de ces trois marchés d'Euronext et le concept d'opérations transfrontalières devient obsolète », souligne Philippe Verriest, directeur de la division stratégie d'Euroclear. « Un titre coté sur plusieurs marchés d'Euronext devait être enregistré dans les comptes de chaque dépositaire national concerné. Désormais, l'intervenant n'aura plus recours qu'à un dépositaire central de titres unique. Le choix de ce dernier est fonction de la valeur, de sa liquidité. Si l'essentiel du marché est à Paris, le dépositaire de référence devient Euroclear France. Ce qui devrait permettre de réduire, l'intervenant étant redevable par dépositaire. »Cela signifie-t-il la fin de la multicotation au sein d'Euronext ? Alcatel-Lucent a décidé, la semaine passée, de se retirer d'Amsterdam, de Bruxelles, mais aussi de la Bourse suisse, pour des raisons d'économie. En novembre dernier, ING a indiqué son intention de faire coïncider son retrait de Paris avec la migration sur ESES. Aujourd'hui, Euronext recense 50 valeurs multilistées. Mais cette liste ne va pas nécessairement disparaître, selon Martine Charbonnier, directeur exécutif du listing européen chez Nyse Euronext. « Certaines sociétés résultant de fusions transfrontalières devraient rester multicotées pour des raisons d'équilibre géographique. Au-delà, la multicotation est aussi un moyen d'être référencée dans les presses locales et donc d'assurer une certaine proximité avec un actionnariat individuel. Il peut par ailleurs exister des multicotations liées à un statut fiscal spécifique du type SIIC (Société d'investissement immobilier cotée). » Nyse Euronext, qui ne facture pas de frais supplémentaires pour une cotation multiple, n'a pas constaté d'accélération particulière des demandes de radiations liée au carnet d'ordres unique.plate-forme uniquePour Euroclear, l'effort n'est pas terminé. L'organisme entend avoir une plate-forme unique pour l'ensemble de ces marchés, qui comptent par ailleurs l'Angleterre, l'Irlande, la Finlande et la Suède. L'investissement, qui comprend la consolidation de la plate-forme et le processus d'harmonisation des pratiques de marché, aura représenté environ 500 millions d'euros. Mais il devrait permettre, à terme, 350 millions d'euros d'économie par an pour ses utilisateurs, que ce soit via les réductions tarifaires ou la baisse des coûts de back-office.
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