Le lien entre PIB et pollution s'amenuise

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environnementVoici de quoi donner des arguments aux partisans de la décroissance. Les émissions de gaz carbonique (CO2), le principal gaz à effet de serre, « devraient baisser sensiblement » en 2009 en France, affirme une étude que vient de publier le Commissariat général au développement durable, qui dépend du ministère du même nom. « Pour des conditions climatiques comparables à celles de 2008 », l'étude évalue entre 6 % et 8 % la baisse des rejets polluants. Ce qui correspond à une réduction de 23 à 31 millions de tonnes de CO2, sur un total annuel d'environ 550 millions de tonnes.trois grands phénomènesSauf à réduire le prisme de l'analyse à une vision purement environnementaliste, personne ne se satisfera de ces « bons » chiffres. Car ils découlent non pas d'une efficacité soudaine des mesures de lutte contre le réchauffement climatique, mais surtout d'une conjoncture économique catastrophique et ne font donc que confirmer ce qu'on avait déjà constaté par le passé. Pour autant l'étude fait ressortir un phénomène nouveau qui peut inciter à un relatif optimisme. Elle constate que le lien entre les évolutions des émissions de CO2 et celles du produit intérieur brut (PIB) tend à se distendre. L'intensité du PIB en CO2 « a fondu des deux tiers » par rapport aux années 1970, calcule-t-elle. Dans ces années-là, la production de 1 million d'euros de valeur ajoutée entraînait de facto l'émission de 643 millions de tonnes de gaz carbonique. Aujourd'hui (chiffres 2007), la même activité ne génère « plus que » 227 millions de tonnes de rejets polluants.Ce relâchement du lien s'explique par la conjugaison de trois grands phénomènes. D'abord, la baisse de l'intensité en CO2 de la production énergétique grâce à la montée en puissance, dès 1980, de l'énergie nucléaire qui produit des déchets mais pas de CO2. Ensuite, les efforts d'économies d'énergie réalisés après les deux chocs pétroliers. Enfin, depuis les années 1970, « la montée de la part du secteur tertiaire, dans la valeur ajoutée nationale ». Rémy Janin

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