L'État américain entre au capital des banques pour 250 milliards de dollars

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Désormais, il faudra donc parler de du plan Paulson 2. Annoncée hier par le secrétaire américain au Trésor, cette nouvelle mouture modifie en profondeur le plan initial de sauvetage de la finance américaine. Principale nouveauté, il prévoit une injection de 250 milliards de dollars d'argent public dans le capital des banques, une moitié allant dans des établissements régionaux, l'autre étant destinée à recapitaliser neuf grandes banques nationales (lire ci-contre). " Ces mesures ne sont pas destinées à prendre le contrôle de l'économie de marché, mais à la préserver ", a voulu nuancer le président George Bush. Le secrétaire au Trésor Henry Paulson, ancien PDG de la banque d'affaires Goldman Sachs, a, de son côté, commenté: " nous regrettons d'avoir à prendre ces mesures".Ce revirement de l'administration américaine témoigne du chemin parcouru depuis le début de la crise : jusqu'il y a encore quelques jours, Henry Paulson était idéologiquement opposé à toute intervention de l'État dans le système bancaire. Et son plan de 700 milliards de dollars, voté par le Congrès américain au début du mois, se limitait au rachat de créances toxiques bancaires. Seul problème : ce dispositif s'est avéré compliqué à mettre en oeuvre. " Il aurait fallu plusieurs mois pour mener à bien le plan, alors que la situation réclamait une réponse immédiate ", explique Anton Brender, chez Dexia AM. Confronté à l'urgence, le secrétaire au Trésor s'est donc résolu à une entrée de l'État américain au capital des banques vendredi dernier, à l'occasion de la réunion des ministres des Finances du G7 à Washington.LA FED A LA MANOEUVRELa Réserve fédérale américaine a également dévoilé hier les modalités de mise en oeuvre de la facilité de financement des billets de trésorerie. Annoncée la semaine dernière, cette facilité permettra à la Fed d'acheter des commercial papers de bonne qualité. De quoi, espère la Fed, ranimer un marché essentiel au bon fonctionnement de l'économie puisqu'il permet aux entreprises et aux institutions financières de se financer à très court terme. " Après avoir beaucoup tardé, l'administration américaine vient enfin de se donner les moyens de consolider le système de la façon la plus rapide ", résume Florence Pisani, chez Dexia AM. Le président français Nicolas Sarkozy s'est, de son côté, entretenu mardi au téléphone avec son homologue américain George W. Bush, qui l'a informé des nouvelles mesures concrètes adoptées dans le cadre de son plan de sauvetage des banques, que Nicolas Sarkozy a saluées.Brown plaide pour " un nouveau système financier mondial "Le sauvetage bancaire n'était que la " première étape ". Gordon Brown, le Premier ministre britannique, estime qu'il faut maintenant passer à la " deuxième étape ", à savoir la mise en place d'" un nouveau système financier mondial ". Il arrive ce matin à Bruxelles pour le sommet européen avec une série de propositions. Mais s'il estime que la réponse passe par une plus grande coopération européenne, il demande une Europe ouverte sur le monde. Selon lui, les États-Unis, mais aussi la Chine et les grands pays émergents doivent être associés aux réformes financières internationales. Gordon Brown propose en particulier une profonde réforme du FMI. Cette institution devrait mettre en place un " système d'alerte avancé " pour prévenir les crises. Le leader britannique souhaite aussi mettre en place " des normes de régulations internationales reconnues par tous ". En d'autres termes, il rejette l'idée d'un régulateur mondial unique, mais souhaite des codes de conduite unifiés pour les régulateurs nationaux. Enfin, il souhaite une réforme des agences de notation et des normes de comptabilité internationales.

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