L'Allemagne continue à s'opposer à toute forme de gouvernement économique

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C'est bien connu, l'Europe avance en temps de crise. De là à évoquer l'émergence spectaculaire d'un " gouvernement économique " européen, dimanche dernier à Paris, il n'y a qu'un pas. Que l'on franchit bien volontiers en France surtout dans les rangs de l'UMP pour saluer l'action de Nicolas Sarkozy en tant que président en exercice de l'Union européenne. Mais on oublie que rien ne se fait en Europe contre la volonté d'un État membre. Et à cette idée de former un gouvernement économique, l'Allemagne reste viscéralement opposée.Bref, les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne qui se réunissent aujourd'hui à Bruxelles devraient " entériner " le plan de soutien bancaire décidé par l'Eurogroupe, inspiré lui-même du plan britannique. Rien de plus. " On va communautariser l'action coordonnée des Quinze ", dans le langage bruxellois. De source officielle berlinoise, on martèle qu'un " concept de gouvernance économique commune n'a pas sa place " dans les politiques de l'Union. C'est un vieux serpent de mer qui surgit ici. Dès les débuts du lancement de l'Union économique et monétaire, l'Allemagne demandait des garanties de bonne gestion des finances publiques face à la perspective de se retrouver à partager la même monnaie avec le " club Med ". Le Pacte de stabilité est ainsi né. En France, le gouvernement socialiste de l'époque s'est jeté sur l'occasion pour réclamer la constitution d'un gouvernement économique face à la Banque centrale européenne.PROPOSITION POUR ASSOUPLIR LES NORMES COMPTABLESLa logique était, et demeure, implacable : face à une banque centrale unique qui pilote la politique monétaire d'un groupe de pays, ce groupe de pays doit se forger une politique économique unique, comme aux États-Unis. Ce qui suppose de nouveaux transferts de souveraineté en matière fiscale notamment. " Nein " catégorique des Allemands. " Dans certains domaines, il est possible de mieux coordonner l'action des gouvernements, comme cela s'est vérifié pour parer à la crise financière ", résume-t-on de source officielle à Berlin. D'ailleurs, le Pacte de stabilité est un outil de coordination des politiques économiques. Et en amont, il existe les fameuses Gope, les grandes orientations de politiques économiques. Dont les budgets nationaux sont censés s'inspirer.Le sommet européen qui s'ouvre cet après-midi à Bruxelles ne donnerait donc pas lieu à des décisions spectaculaires. Après s'être entendus sur un plan d'aide massif au secteur financier pour la zone euro, les Européens vont l'élargir à l'ensemble des vingt-sept États membres de l'Union. D'autre part, la Commission européenne mettra sur la table une proposition pour assouplir les normes comptables, jugées pénalisantes pour les établissements financiers dans la crise actuelle. Elle formalisera aussi la proposition des ministres des Finances de relever de 20.000 à 50.000 euros le seuil minimal de garantie bancaire des dépôts par personne en cas de faillite d'un établissement. Le Conseil européen devrait aussi aborder la question polémique de la supervision financière.Un rapport sur la politique industrielleDe source allemande, la présidence française de l'Union européenne veut faire adopter une position commune sur la politique industrielle. Il devrait s'agir de dresser le constat de la structure industrielle de l'économie communautaire et comment la positionner pour faire face à la concurrence notamment des pays émergents. Paris souhaite que le Conseil européen charge la Commission de préparer un rapport sur la stratégie industrielle de l'Union. Cette initiative sera soutenue par Berlin, où l'on prévient toutefois qu'il ne doit pas s'agir de poser les jalons d'une quelconque harmonisation entre États en la matière.

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