Caution ne vaut pas domination

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Les centaines de milliards d'euros et de dollars mobilisés des deux côtés de l'Atlantique pour sauver le secteur bancaire ont eu l'effet positif escompté sur les marchés financiers. Le système, qui s'était bloqué après la faillite de Lehman Brothers , est dégrippé, condition sine qua non pour renouer avec un fonctionnement normal du crédit, fondé sur la confiance entre emprunteurs et prêteurs. S'il est encore trop tôt pour tirer un trait sur la crise, bien des bilans devant être encore passés à la paille de fer, ce déblocage est incontestablement à mettre au crédit de la classe politique. Après la cacophonie qui a régné ces derniers mois - la crise financière a débuté depuis plus d'un an -, les menaces planant sur l'ensemble de l'économie mondiale ont poussé les gouvernements à agir. De ce point de vue, leurs actions concertées en Europe et aux États-Unis auront signé le retour du politique en dernière instance dans l'économie. De là à penser que l'économie de marché doit être étroitement contrôlée par les États, il y a un pas que certains pourraient être tentés de franchir. Car la garantie apportée par l'État pour relancer le marché ne signifie par pour autant que ce même État soit plus habilité que les acteurs économiques à faire tourner ce même marché. Caution ne vaut pas domination. En fait, les nationalisations - mot lourd de sens - sont moins idéologiques que techniques, les participations capitalistiques prises aujourd'hui pouvant s'avérer une bonne affaire pour les États concernés. Par ailleurs, d'autres voix vont exiger de réguler plus étroitement le marché au motif que celui-ci serait incapable de s'autoréguler.Pourtant, ces bonnes intentions doivent être jaugées à l'aune des expériences passées. Le scandale financier d'Enron aux États-Unis avait poussé les autorités à imposer des règles drastiques (la loi Sarbanes-Oxley) en matière de comptabilité et de protection des investisseurs. Cela n'a pas empêché la crise financière actuelle. Car nous réagissons à un problème passé sans saisir que le prochain sera différent.Qui aurait pu prévoir le cocktail explosif représenté par le mélange d'un crédit hypothécaire laxiste, une titrisation hypersophistiquée et de faibles taux de loyer de l'argent ? Sûrement pas les gouvernements !

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