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Le monde attend l'« effet Obama »

La Tribune

Publié le 26 décembre 2008 à 00:27 - Mis à jour le 26 décembre 2008 à 00:27

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quoi ressemblera le monde en 2009 ? Tous les regards se tournent évidemment vers la Maison-Blanche où Barack Obama prendra ses fonctions le 20 janvier prochain. Il suscite de nombreux espoirs. Auprès de ses électeurs, qui lui ont accordé une large victoire. Mais aussi dans le reste du monde si l'on en croit les sondages. Après les deux mandats de l'administration Bush, marqués par un unilatéralisme caricatural, le fiasco irakien et la crise financière la plus profonde depuis 1929, les Américains et le reste du monde attendent du nouveau président qu'il remette la première économie de la planète ? un cinquième du PIB mondial ? sur les rails de la croissance ainsi qu'une profonde inflexion de la politique étrangère des États-Unis.Mais l'impulsion que donnera Barack Obama à l'année 2009 sera pour une large part conditionnée par l'évolution de la situation économique. Les plans de relance réussiront-ils à raviver une économie mondiale au bord du gouffre ? Les gouvernements multiplient les programmes de soutien budgétaire et les banques centrales ont massivement baissé leurs taux d'intérêt pour éviter la réédition de la crise de 1929. Mais l'incertitude sur le succès de ces politiques demeure considérable (voir pages précédentes). « C'est le point déterminant qui va conditionner tout le reste », estime Philippe Moreau Defarges, chercheur à l'Institut français des relations internationales (Ifri). Un approfondissement de la crise aurait des conséquences importantes sur les relations internationales. Durant sa campagne, Barack Obama a exprimé sa méfiance à l'égard du libre-échange. « Les gens ne veulent pas de tee-shirts moins chers si cela doit causer la disparition de leur emploi », expliquait-il. Et il a explicitement appelé à la renégociation de l'Alena, le Marché commun nord-américain. Avec un approfondissement de la crise, le chef de la Maison-Blanche pourrait transformer ses déclarations en actes déclenchant inévitablement des représailles de ses partenaires commerciaux.frictions commercialesMêmes interrogations sur le front des changes. En cas de crise prolongée, les grands pays exportateurs pourraient être tentés de laisser filer leurs monnaies pour relancer leurs exportations. La Chine a déjà provoqué l'ire de Washington en laissant glisser le renminbi. À la fin des années 90, la Chine avait été saluée pour son sens des responsabilités en refusant de dévaluer sa devise en pleine crise asiatique. Mais la baisse des exportations chinoises en novembre fait craindre le pire. Des frictions commerciales avec les États-Unis semblent inévitables.L'élection de Barack Obama constitue également l'espoir du retour d'une Amérique moins solitaire. Le leader noir a plusieurs fois exprimé son souhait d'être davantage à l'écoute du reste du monde. Il s'est engagé en faveur du protocole de Kyoto contre les émissions de gaz à effet de serre. Mais il ne faut probablement pas en attendre davantage. Face à une crise économique majeure, les préoccupations environnementales risquent de passer au second rang. Pour Angela Merkel, par exemple, hors de question d'approuver un plan européen sur le climat qui mettrait en danger l'emploi. Un accord sur les négociations commerciales de Doha n'est pas plus probable sous son administration que sous celle de Bush. D'autant que la Chine, l'Inde ou le Brésil se montrent de plus en plus durs en négociation.retrait d'IrakSur le front extérieur, Barack Obama devra engager le délicat retrait des troupes américaines en Irak comme il s'y est engagé et dans le même temps à convaincre ses électeurs que l'engagement de la communauté internationale en Afghanistan sera durable. Au-delà de son indéniable charisme, le simple fait qu'il ne soit pas George W. Bush devrait lui permettre de donner une nouvelle impulsion à la politique étrangère américaine. Sur des dossiers comme le conflit israélo-palestinien ou l'Iran, la position américaine sera, hier comme demain, cruciale. Affaiblis par la crise financière et la guerre en Irak, les États-Unis n'en demeurent pas moins la première puissance militaire au monde.L'Union européenne pense que l'arrivée de Barack Obama permettra de relancer des relations transatlantiques mises à mal par deux mandats de George W. Bush. La dynamique actuelle risque toutefois d'être mise à rude épreuve par l'arrivée le 1er janvier 2009 à la tête de l'Union européenne de la très eurosceptique République tchèque. Rattrapée par la crise financière, la Russie de Medvedev et Poutine a perdu de sa superbe et de son arrogance.

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