JP Morgan résiste encore à la crise mais broie du noir pour l'avenir

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Est-ce la dernière fois que JP Morgan affiche de bons résultats?? La première banque américaine par la capitalisation boursière a publié hier des résultats satisfaisants au quatrième trimestre. Alors que ses cons?urs doivent annoncer des pertes ? Citigroup publie ses résultats aujourd'hui ?, JP Morgan a dégagé 702 millions de dollars sur les trois derniers mois de l'année. Cela lui permet d'afficher un bénéfice annuel de 5,6 milliards de dollars, en baisse de 64 % sur un an. Une performance surprenante alors que son patron Jamie Dimon avait déclaré en décembre que le quatrième trimestre avait été « terrible » ; affolant la planète finance qui s'attendait du coup à de mauvais résultats pour JP Morgan. Sa banque d'investissement a tout de même accusé une perte nette de 2,4 milliards de dollars. créances douteusesMais l'inquiétude se trouve désormais du côté des activités de crédit aux particuliers. Entre la banque de détail et les cartes de crédit, JP Morgan a passé au quatrième trimestre 7,5 milliards de dollars de provisions pour créances douteuses. Ces activités de crédit aux particuliers sont les plus exposées à la récession économique qui touche les ménages. Et l'avenir s'annonce extrêmement sombre. Jamie Dimon a estimé hier, dans un entretien au « Financial Times » (« FT »), que « le pire de la récession économique n'est pas encore derrière nous. Cela va continuer à se détériorer pour la plus grande partie de 2009 ». Lors d'une réunion avec les analystes, il a ajouté que JP Morgan serait amené à relever le montant de ses provisions pour créances douteuses. « Nous pensons que la situation va continuer à empirer dans les prêts à la consommation et les cartes de crédit », a ajouté Jamie Dimon. La banque est, avec Citigroup, l'un des plus gros émetteurs de crédit à la consommation aux États-Unis. Les propos du directeur général de JP Morgan sont une fois de plus alarmistes. Reste à savoir si, comme en décembre, ils seront finalement suivis d'un effet de surprise grâce à de meilleurs résultats.Mais cette fois-ci, la situation risque de bel et bien s'aggraver. En rachetant la caisse d'épargne Washington Mutual en octobre, JP Morgan s'est considérablement développer sur la banque de détail aux États-Unis. Et surtout dans l'Ouest où l'immobilier a été le plus durement frappé. De plus, l'agence de notation Moody's a abaissé d'un cran (de Aa2 à Aa3) la note de la dette de JP Morgan Chase. Elle estime surtout que « des pertes trimestrielles consécutives au cours des douze à quinze prochains mois ne peuvent être exclues ». La belle résistance de JP Morgan est peut être terminée. Soucieux de ne pas donner une fausse image, Jamie Dimon demandait, dans le « FT », à tout le monde « de le descendre de son piédestal ». M. Pe.

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