Les monnaies d'Europe centrale et orientale toujours plus fragiles

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Croissance en berne, poursuites du retrait des investisseurs des marchés à risque et volatilité soutenue. Les conditions sont toujours réunies en ce début d'année pour que le chahut qui s'était emparé, après l'été 2008, des devises émergentes se poursuive. A fortiori pour celles des pays d'Europe de l'Est, dont la plupart sont aujourd'hui ? et plus particulièrement encore la Hongrie et la Roumanie ? rongés par des déséquilibres externes importants. Sans surprise, au classement de début d'année, le leu roumain (? 5,7 %) et le forint hongrois (? 5,3 %) s'affichent d'ailleurs parmi les devises qui ont le plus corrigé contre l'euro. Même si le zloty n'est pas épargné. La devise polonaise côtoie actuellement ses niveaux d'avant son entrée dans l'Union européenne (ses plus-bas de juin 2005), avec une dépréciation de 30 % depuis son plus-haut de juin 2008. Quant au rouble, que la banque centrale n'a désormais plus de complexe à dévaluer ? elle l'a fait quatre fois en cinq jours ?, il perd 16,8 % contre l'euro depuis trois mois.Dans le contexte actuel, il y a peu de chances de voir la situation s'améliorer. « Les réserves de change des pays d'Europe centrale et orientale sont faibles et ne cessent de fondre avec le rapatriement de capitaux des non-résidents, voire des fuites liées aux résidents dans le cas des Baltes et de la Hongrie, rappelle Juan Carlos Rodado, stratège chez Natixis. En cas de crise majeure du change et/ou d'une crise financière plus globale, ces derniers risquent une véritable dépression économique. » Le principal danger étant, selon lui, celui « d'un ?sudden stop? des flux de financement et un ajustement macroéconomique encore plus brutal ».flux asséchésL'Europe n'est d'ailleurs pas la seule à souffrir. L'Asie émergente et l'Amérique latine connaissent elles aussi leur lot de dévaluations. Même, si sur ces deux continents, le niveau d'inquiétude n'est pas aussi élevé. En Asie, à l'exception du won coréen, aucune devise n'enregistre sur les trois derniers mois plus de 8 % de baisse. « Sur ce continent, malgré la détérioration économique récente, nous faisons toujours face à des situations de surplus courants dans la plupart des pays, alors que les déséquilibres en Europe centrale et orientale sont criants, relève Shahin Vallée, stratège chez BNP Paribas, ces pays sont toujours pour la plupart exportateurs nets, même si leurs exportations décélèrent depuis quelques mois et que les flux de capitaux qui ont gonflé leurs réserves de change se sont asséchés et retournés ». De son côté, l'Amérique latine offre des situations très contrastées. Avec d'une part des devises très solides comme le peso uruguayen et le chilien ? qui s'adjugent 11 % et 8,8 % depuis janvier ?, et d'autre part des devises plus vulnérables, notamment le peso mexicain (lire encadré) et le real brésilien. Dans ces deux pays, et plus particulièrement au Brésil, le déclin de la monnaie a été accéléré par le comportement d'un grand nombre de compagnies. Exposées au risque de change, celle-ci ont été contraintes, après avoir spéculé sur la hausse de la devise (dans des produits structurés) de déboucler à la hâte leurs positions.

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