Les premiers couacs de la présidence tchèque

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Quand on est sous-estimé, on ne peut surprendre qu'agréablement. » C'est dans cet état d'esprit que le vice-Premier ministre tchèque, Alexandr Vondra, a abordé la présidence européenne de son pays le 1er janvier. Mercredi, le Premier ministre, Mirek Topolanek, a présenté devant les eurodéputés les priorités de ce semestre, « les 3 E » : « économie, énergie et Europe dans le monde ». Mais « ces 3 E se sont transformés en 2 G, ceux du ?gaz et Gaza? », a-t-il expliqué. Dans les milieux européens, certains font remarquer qu'il faudrait plutôt parler de « 3 G : ?gaz, Gaza et? gaffes? » ! piègeLes Tchèques, fragilisés par un gouvernement de coalition ne tenant qu'à un fil et les excentricités d'un président, Vaclav Klaus, notoirement eurosceptique, avaient prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre à une présidence « grandiose », mais il faut leur reconnaître qu'elle est loin d'être ennuyeuse.Après une série de « couacs » (voir ci-contre), Alexandr Vondra a dû présenter hier ses « excuses à ceux qui se sont sentis offensés » par la dernière bavure en date : une sculpture provocante installée dans le Juste Lipse, le bâtiment bruxellois qui accueille les sommets européens. Une « ?uvre » déclinant les 27 pays en une série de préjugés : alors qu'il devait s'agir d'une ?uvre collective réalisée par des artistes de toute l'Europe, Prague s'est fait piéger par le créateur du projet, qui a tout modelé lui-même. Cet assemblage a malgré tout été inauguré hier par Alexandr Vondra. Mais la question d'un journaliste fuse : « Quand on voit ce cafouillage, votre gouvernement est-il capable de gérer des dossiers plus sensibles, comme celui du gaz ? »Étonnamment, oui. S'ils ont été éclipsés par Nicolas Sarkozy au Moyen-Orient, les Tchèques ont reçu les félicitations des eurodéputés pour leur gestion de la crise russo-ukrainienne. « La présidence tchèque a fait son travail de médiateur et est arrivée à une solution. Donc elle a fonctionn頻, a estimé le président des Verts, Daniel Cohn-Bendit. À l'évidence, les Tchèques ont avant tout un problème de communication et manquent d'expérience sous les projecteurs de l'Europe entière. Ils font des erreurs et, pis, ne savent pas « vendre » leurs réussites : « Je suis sûr que Mirek Topolanek ne va pas clamer son succès sur les toits comme certaines présidences l'ont fait, a estimé Graham Watson, président des libéraux du Parlement, à propos de la guerre du gaz, mais il mérite de la reconnaissance pour les négociations et le succès du résultat. »Yann-Antony Noghès, à BruxellesLes Tchèques ont du hier présenter des « excuses ». Dernière bavure en date : une sculpture provocante (ci-cintre),installée dans le Juste Lipse, le bâtiment bruxellois qui accueille les sommets européens.

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