L'Opep ne réduit pas davantage sa production

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Cinq heures de délibération, hier à Vienne, pour un statu quo. Malgré la détermination de plusieurs pays membres pour réduire le niveau de production, les ministres du Pétrole de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) ont choisi de laisser leur offre d'or noir inchangée. L'organisation, qui pourrait revoir sa position lors de sa prochaine réunion le 28 mai, a appelé au strict respect des quotas fixés en décembre dernier. L'Opep doit théoriquement produire 24,85 millions de barils par jour, contre près de 25,71 millions aujourd'hui. « Le respect total des quotas correspond à une baisse de la production de 800.000 barils par jour mais, historiquement, les quotas n'ont jamais été respectés à 100 % », constate un expert. En l'absence de pénalités, certains pays comme le Venezuela ou l'Angola produisent nettement plus que leurs quotas. Malgré un certain pessimisme concernant le « niveau élevé de stocks, qui représentent actuellement 59 jours de consommation », l'Opep a salué « les premiers signes d'un renversement de tendance » sur le pétrole : sur le marché à terme, les échéances les plus lointaines ont vu leurs cours se redresser quelque peu ces derniers temps. Mais, pour l'instant, l'absence de réduction de la production pourrait contenir le baril, qui cotait 46,25 dollars vendredi soir sur le marché à terme américain, sous la barre des 50 dollars. Un prix encore éloigné des 70 dollars souhaités par le premier pays du cartel, l'Arabie Saoudite.Au-delà de la question du prix, celle de la répartition du marché semble aujourd'hui préoccuper l'Opep. L'organisation reste en effet un cartel imparfait : elle régule le niveau de l'offre sans se répartir les différents marchés. La réduction de la production de l'Opep entraîne donc des transferts de parts de marché : pendant que leurs concurrents ferment les vannes, la Norvège, le Pakistan, l'Azerbaïdjan et le Mexique gagnent du terrain. Mais la situation profite surtout à la Russie, devenue premier pays producteur en 2008 avec 9,78 millions de barils produits, contre 9,11 millions de barils pour l'Arabie Saoudite. « Le cours du pétrole est un sujet important, mais la répartition du marché l'est encore plus ! » remarquait un membre de la délégation russe.réorganisationReste à savoir si le pays saura profiter de la situation, alors que sa production a tendance à baisser faute d'investissements. Les compagnies russes dans l'énergie sont lourdement endettées, et disposent de peu de cash, ce qui met en péril leur développement. Sur les deux premiers mois de l'année, la production de la Russie a d'ailleurs baissé de 1,9 %. Un recul que le vice-Premier ministre, Igor Setchine, venu à la conférence en tant qu'observateur, a mis hier sur le compte de la collaboration du pays aux efforts de l'Opep pour stabiliser le marché. L'ancien administrateur du groupe pétrolier Rosneft a remis sur la table l'idée d'une réorganisation du fonctionnement du marché des matières premières. « La régulation va changer. Si nous ne suggérons pas de nouvelles approches, il est certain qu'elles nous seront imposées », a-t-il déclaré, en évoquant notamment la question monétaire. L'indexation des cours au dollar arrime en effet les revenus des pays producteurs à l'économie américaine : le recul du dollar en 2008 a largement joué sur les 100 dollars abandonnés par le baril de pétrole. nL'organisation reste un cartel imparfait.

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