Après la tempête, les « sukuks » tentent de redécoller

 |   |  375  mots
Inconcevable il y a neuf mois, le marché des obligations islamiques ? dites « sukuks » ? montre depuis le début de la semaine des signes encourageants de reprise. Après s'être taries cette année, et avoir singulièrement fondu l'an dernier ? 1,9 milliard de dollars contre 10,3 en 2007 ?, les émissions en dollar d'obligations conformes aux principes de la charia pourraient bien reprendre à nouveau. C'est en tout cas le souhait de l'Indonésie. Ce pays, qui, avec la Malaisie, représente environ un tiers des émissions globales, s'est dit prêt hier à tester de nouveau l'appétit des souscripteurs sur ce marché, en lançant sa première émission de « sukuks » en dollar. L'Indonésie ciblerait par le biais de ce nouvel emprunt ? qui arrive à maturité en 2014 ? les investisseurs asiatiques, tant en Indonésie qu'à Singapour et au Moyen-Orient. Elle envisage de lever ainsi 650 millions de dollars. De quoi compléter les émissions obligataires déjà réalisées sur son marché local ou via des emprunts plus classiques, et de s'approcher des 9,15 milliards de dollars nécessaires pour combler son déficit budgétaire et pour financer des grands travaux. « Cette initiative est importante, estime Gilles Saint Marc, avocat chez Gide Loyrette Nouel. Elle montre que le climat de confiance s'améliore et que les autorités remettent à nouveau sur les rails de grands projets. »potentielEn outre, « c'est le signe que le marché de la dette se ranime peu à peu ». Car Djakarta ? même si son initiative se distingue car elle est la première à s'être lancée sur le marché international ? n'est pas seule à vouloir tenter l'aventure. Le royaume de Bahreïn, de son côté, envisage, lui aussi, de lever jusqu'à 1,16 milliard de dollars, en émettant des emprunts en dollar et en monnaie locale. En mars, enfin, le Pakistan avait lui aussi fait part de ses projets de lancer d'ici aux douze prochains mois une émission de ce type destinée aux seuls investisseurs du Moyen-Orient, pour un montant de 500 millions de dollars. « Ce marché pourrait à nouveau offrir du potentiel dans les six mois qui viennent », estime Afaq Khan, le président de Standard Chartered Bank Saadiq. Selon lui, « tous émetteurs confondus, pays et entreprises pourraient lever jusqu'à 10 milliards de dollars cette année ».

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :