La crise du lats letton menace la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie

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Pays émergentsLa vente à des banques commerciales du pays la semaine dernière de 111,7 millions de lats (160,5 millions d'euros) par la banque centrale lettonne a entraîné la plus forte attaque conte la devise du pays depuis novembre dernier. Le lats a perdu hier 0,73 % face à l'euro. Ce qui semble peu. Mais néanmoins suffisant pour menacer le peg (lien fixe dans une limite de fluctuation de 1 %) attachant la devise lettonne à la monnaie unique. Ce nouveau mouvement de défiance intervient au moment où le Parlement letton examine un plan de réduction des dépenses publiques de 500 millions de lats, conformément aux exigences du Fonds monétaire international et de l'Union européenne qui ont conditionné un prêt de 1,7 milliard d'euros à ces économies.Alors que la Lettonie s'enfonce dans la crise, les analystes, eux, s'inquiètent d'une possible contagion à l'ensemble de l'Europe émergente. dévaluations en chaîne« Des trois canaux de transmission que sont le commerce, la finance et le risque psychologique, c'est sans doute le dernier qui reste le plus prégnant aujourd'hui », estime Fitch Ratings. « Les liens économiques sont faibles entre les pays Baltes et l'Europe de l'Est et, d'un point de vue bancaire, seules les banques scandinaves sont vraiment concernées », poursuit-il. Selon Thomas Fallon, stratège à la Française des Placements, « il faudrait que le problème soit plus généralisé pour entraîner une crise systémique. La faillite de l'Islande elle-même n'est pas parvenue à faire couler les banques britanniques, relève-t-il. D'ailleurs, la Hongrie présente de ce point de vue des risques potentiels plus élevés que les pays Baltes ».Ce qui n'exclut pas un mouvement de panique, surtout en cas de dévaluation du lats. « Un tel geste ferait sans doute subir une pression énorme sur les pays voisins, avertit Lars Christensen, économiste chez Danske Bank dans un entretien à l'AFP, alors que 80 % de la dette du pays est libellée en devise étrangères, « les investisseurs verraient alors dans d'autres nouveaux membres de l'Union, telles la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie, eux aussi affligés de déséquilibres économiques semblables à ceux de la Lettonie, de possibles victimes d'une épidémie de dévaluation ». « L'ampleur des déficits internes et la croissance des crédits est similaire, note Edward Parker, expert chez Fitch, même si la contraction économique est en Lettonie nettement plus marquée. »Marjorie Bertouille

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