Le fameux Miti n'est plus qu'un mythe

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Au Japon, il n'est plus que l'ombre de lui-même. C'est la plus mythique des institutions japonaises. Mais n'est-elle plus qu'un mythe ? Le Meti, tout-puissant ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie nippon, fait encore rêver. En France, Claude Allègre est pressenti à la tête d'un tel « mammouth » lors du prochain remaniement ministériel. « Cela n'est pas la première fois que ce projet sort des cartons en France. La structure Meti est un rêve de haut fonctionnaire. Jean-Pierre Chevènement notamment y avait pens頻, note Guy Faure, chercheur au CNRS, qui consacra une thèse au Miti.C'est le Miti (rebaptisé récemment Meti) qui pilota le décollage industriel extraordinaire du Japon après la guerre. Tête pensante d'un archipel, faisant et défaisant les oligopoles à la tête de chaque secteur stratégique. Son modèle fut implanté dans d'autres pays ambitieux : la Corée du Sud, la Malaisie, le Brésil, etc.Aujourd'hui, le Meti a perdu de son lustre. Ses grands projets sont controversés. Comme le MRJ, premier avion sorti du Japon depuis 1945 (l'archipel n'est encore qu'un équipementier aéronautique), dont la conception ne cesse de changer. Et il est devenu l'otage des lobbys plutôt que leur maître. une énigmeQu'est-ce qui a changé ? L'époque. Karel van Wolferen, auteur de « l'Énigme de la puissance japonaise », explique : « Le Meti a rempli admirablement sa mission, qui était de faire du Japon une grande nation industrielle. Que peut-il bien faire de plus ? » Guy Faure affine l'analyse : « À notre âge, outre le Meti, il faut compter avec les ministères des Télécommunications, de l'Éducation. [?] C'est la science et la technologie qui sont importantes pour le Japon, car elles lui permettront de conserver son avance. [...] En France, il faudrait marcher sur les plates-bandes du ministère des Finances pour créer un vrai Meti. [...] C'est d'un authentique ministère de la Science dont la France a besoin », martèle Guy Faure. R. A., à Tokyoil est devenu l'otage des lobbys.

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