La « Chinamérique », moteur de la planète

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L'équilibre qui a fait ces dernières années de la Chine le fournisseur industriel attitré des États-Unis, et simultanément son principal créancier, a peut-être vécu. Les économistes ne croient pas au retour de l'hyperconsommation à crédit outre-Atlantique, lorsque la crise sera passée. Et les liens de dépendance tissés entre Pékin et Washington devront être réinventés. À en croire Michel Aglietta, conseiller scientifique au CEPII, le moment est propice : « Il y a une convergence d'intérêts entre la Chine qui veut développer son marché intérieur et réduire sa dépendance aux exportations et les États-Unis qui souhaitent endiguer leur déficit commercial et redynamiser leur tissu industriel. »Même si le retour de la croissance en Chine n'est pas encore assuré, « l'économie chinoise semble en bonne position pour connaître parmi les premières un redémarrage, ne serait-ce que grâce à son plan de relance », estime Michel Aglietta, qui se déclare également plutôt optimiste pour les États-Unis où un puissant plan de relance est aussi appliqué. Le redémarrage économique chinois entraînera les autres pays de la région et des émergents hors d'Asie. « Il s'ensuivra un renforcement des flux commerciaux hors OCDE, ce qui ouvrira la voie à un rééquilibrage du poids des devises », estime Michel Aglietta.« La Chine et les États-Unis offriront alors la meilleure rentabilité du capital aux yeux des marchés qui joueront leurs monnaies respectives », prévoit-il. Un scénario qui, s'il se confirme, devrait se traduire par l'appréciation du dollar et du yuan, dans les limites étroites qu'autorise le régime de change chinois. « Ce serait une bonne nouvelle pour le reste du monde » qui profiterait ainsi de la reprise du couple sino-américain, ajoute l'économiste.intérêts liésRompant avec les schémas antagoniques hérités de la guerre froide, il estime, comme quelques autres experts, que « la Chine a intérêt à aider Tim Geithner », le secrétaire américain au Trésor, dans son entreprise pour relancer l'activité outre-Atlantique. L. C.

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