La crise au PS se focalise sur un affrontement Aubry-Valls

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OppositionL'été épistolaire de Martine Aubry est un chemin de croix. Après son courrier infructueux adressé aux formations de gauche pour leur proposer de bâtir « une maison commune » en vue des régionales de mars 2010, la première secrétaire du PS a envoyé une lettre au franc-tireur Manuel Valls pour le mettre en demeure de taire ses critiques contre son parti ou de le quitter.« J'entends bien rester fidèle à mon poste, à ma famille politique, à mes valeurs », a riposté l'intéressé. « Quel que soit le prix à payer, je ne me ferai pas le silencieux complice de l'aveuglement », a ajouté Manuel Valls qui a lui aussi choisi la voie postale pour répondre à la première secrétaire, dont il dénonce au passage la « conception très datée » du parti.Candidat déclaré à des primaires pour la désignation du candidat du PS à la présidentielle de 2012, le député de l'Essonne multiplie les attaques contre un parti qu'il compare au « Titanic ». Mardi, il faisait partie des rares socialistes présents à la « garden-party » élyséenne du 14 juillet.Pour cet ex-rocardien passé chez Lionel Jospin, avant un éphémère soutien à Ségolène Royal, l'équation est simple : le PS doit « changer de direction, changer de génération, changer de programme » et même « changer de nom ».« Tu donnes l'impression d'attendre, voire d'espérer la fin du Parti socialiste. [?] Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le PS », lui a écrit Martine Aubry. Pour Harlem Désir, « Martine Aubry a dit tout haut ce que pensent de nombreux militants ». Le secrétaire à la coordination du PS a jugé hier que Manuel Valls n'a « jamais de formules assez louangeuses pour Nicolas Sarkozy, pour sa politique de sécurité et d'immigration » et « jamais de formules assez dures contre son propre parti ».DoutesD'autres responsables socialistes confiaient en privé leurs doutes sur la portée de cet acte d'autorité de Martine Aubry. « Manuel va continuer de plus belle et elle ne pourra pas entamer une procédure d'exclusion », soupirait un élu.Interrogé hier sur une possible procédure disciplinaire à l'encontre du député de l'Essonne, Benoît Hamon a d'ailleurs estimé qu'on n'en était « pas l࠻. Le porte-parole du PS a eu du mal à expliquer aux journalistes pourquoi le rappel au règlement ne visait pas d'autres socialistes comme Jack Lang, Michel Rocard, Malek Boutih ou même Arnaud Montebourg, qui est prêt à appeler à l'organisation d'un « référendum militant » pour valider son idée de primaires présidentielles ouvertes. « Qui a dit François Hollande ? » a ajouté Benoît Hamon sur le mode de la plaisanterie, avant de se reprendre : « Le but n'est pas d'adresser des missives de cette sorte à tous ceux qui parlent au PS. » L'été promet d'être chaud, rue de Solferino.

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