Moscou craint la montée de la contestation sociale

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RussieLa Russie traverse la crise la plus sévère depuis une décennie. La production industrielle affichait toujours en juin un recul de 12,1 % sur un an. Le recul dépasse même 52 % dans l'industrie automobile. Le ministre des Finances russe, Alexeï Koudrine, table désormais sur un recul de l'activité de 8,5 % en 2009 et une légère reprise de la croissance, comprise entre 1 % et 2 % en 2010. Le taux de chômage a doublé en un an et les retards de salaires toucheraient entre un tiers et la moitié des salariés russes, selon différents sondages. D'après l'Agence fédérale pour le travail, le chômage frappera, fin 2009, 18 % de la population active, soit 2,6 millions de personnes. Dernier exemple en date, la fermeture du marché Tcherkizovski à Moscou, qui était considéré comme le plus grand d'Europe et sur lequel travaillaient de nombreux immigrés : plus de 100.000 personnes ont ainsi été privées d'emploi, selon le président de la Fédération des immigrés de Russie. Une récente étude de la Haute École d'économie de Moscou rapporte une multiplication dans le pays « des manifestations spontanées causées par les retards de salaires et d'autres formes de protestation comme les grèves de la faim ».glissade économiqueLe plan anticrise gouvernemental, qui a permis l'injection de 80 milliards de dollars principalement dans des groupes contrôlés par l'État, n'a pas su enrayer la glissade économique du pays. Abandonné sur le bord de la route, le secteur privé russe devient une source d'inquiétude internationale alors que la dette extérieure des entreprises gonfle rapidement. Les sociétés doivent désormais 437 milliards de dollars, selon la banque centrale, soit 17 milliards de dollars de plus qu'au 1er avril dernier. Seule bonne nouvelle, la dette de l'État a légèrement diminué à 39,3 milliards de dollars.Moscou revendique pourtant une influence grandissante sur les affaires internationales. Le conseiller économique du président, Arkadi Dvorkovitch, n'a eu de cesse d'insister au cours de ces dernières semaines sur la création d'une nouvelle monnaie de réserve internationale ainsi que de réclamer une nouvelle architecture financière globale basée sur plusieurs devises régionales fortes.

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