Les conséquences néfastes de la crise financière

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Comme l'a confirmé François Fillon, un tassement sévère de l'économie tricolore en 2009 n'est plus à exclure. Une éventualité confirmée depuis quelques semaines par les économistes qui, sans jeter à la poubelle leurs prévisions de croissance initiales, réalisées le plus souvent avant le pic de la crise financière, ont depuis concocté des scénarios alternatifs bienplus noirs. Pour mémoire, la France n'a plus connu de récessiondepuis 1993." Le 0,2 % de croissance anticipé par le Fonds monétaire international [FMI] ressemble à un scénario intermédiaire. Il suffirait notamment que les prévisions de l'Insee en matière d'emploi et de pouvoir d'achat des ménages au second semestre 2008 se réalisent pour que, selon nos calculs, l'économie française entre en récession l'année prochaine ", explique Karine Berger chez Euler Hermes Sfac. Laquelle maintient par ailleurs son scénario central de 0,8 % de croissance du PIB l'année prochaine, " dont 0,4 point dû à la variation des stocks ", mais envisage également une baisse de 0,6 % de l'activité... Rappelons également que l'institut estime à 100.000 le nombre de destructions d'emplois dans l'économie marchande entre juillet et décembre 2008 et table sur des baisses de 0,3 % et 0,1 % du pouvoir d'achat du revenu disponible des ménages aux troisième et quatrième trimestres.L'IMPACT DES EMERGENTSAu COE-Rexecode, l'entrée en récession de la France fait aussi partie des hypothèses envisageables, en raison notamment du récent choc boursier. " Une baisse de 20 % des cours pourrait coûter 0,5 point de PIB à la croissance, à peine compensée par le 0,1 point de PIB que rapporterait la baisse des prix des matières premières. Quant à l'impact de la propagation de la crise bancaire et financière à l'économie réelle, forcément négatif, il reste difficile à évaluer ", précise Alain Henriot au COE-Rexecode. " Résultat, nos prévisions de croissance économique pour 2009 se situent dans une fourchette assez large, variant entre - 0,5 % et + 0,7 % en 2009 ", avance l'économiste. Ici aussi, on fait le grand écart.La perte de vitesse des économies émergentes qu'on anticipe pour 2009 devrait également peser sur l'activité des économies européennes et en particulier de la France. " Depuis 2005, la France et ses voisines ont tiré parti du dynamisme de la zone Asie. Elles doivent maintenant trouver des relais de croissance. Or, compte tenu de l'augmentation des contraintes bancaires, la demande intérieure ne pourra pas remplir ce rôle dans les prochains trimestres. Au regard des nombreuses incertitudes actuelles, notamment sur l'évolution future du marché de l'emploi, les ménages devraient restreindre leurs dépenses. Contraintes dans leur financement, confrontées à une baisse de la demande qui leur est adressée, les entreprises seront prudentes et peu incitées à investir ", détaille Philippe Waechter chez Natixis Asset Management qui anticipe, pour l'année prochaine, une progression du PIB proche de 0 %.

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