" De fortes reprises de provisions dans les banques dès 2009"

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Les normes comptables en général et la juste valeur en particulier vont aujourd'hui être aménagées. On les tient pour responsables de la crise financière ?En retenant la valeur de marché pour déterminer la fair value ou juste valeur pour les activités financières de court terme, les normes IFRS traduisaient un ajustement normal et non dépourvu à juste titre de défiance, au regard de l'évolution des activités financières et des risques aujourd'hui avérés de dérapages. Aussi, considérer que les normes comptables sont responsables de la crise est tout simplement absurde. L'honnêteté conduit même à reconnaître que leur existence a servi de garde-fou et a également permis, quand le système financier a dérapé, de ne pas cacher davantage la crise. En revanche, force est de constater et d'admettre, que la combinaison de la valeur de marché et des règles prudentielles a eu un effet gravement procyclique. Elle a eu pour conséquence de dévaloriser artificiellement des bilans bancaires et de donner de l'appétence à des agresseurs pour les mettre en difficulté.Pourquoi ne pas avoir tiré ces conclusions plus tôt ?Il fallait, sur l'application de la juste valeur, demander aux régulateurs et non aux normalisateurs comptables de trancher en urgence. De plus les membres du FASB comme de l'IASB, très proches en termes d'état d'esprit, avaient le sentiment d'être dans un combat quasi religieux et d'être les garants de l'intégrité. Ils n'ont pas vu que leur combat, juste avant la crise, devenait dangereux après.Les normes ont-elles donné une fausse situation sur la solvabilité des banques ?Les premiers retours dont on dispose montrent que les opérations qui se sont débouclées l'ont été pour des montants supérieurs à leur valeur comptable dépréciée. Je pense que l'on assistera dès 2009 et surtout en 2010 à des reprises de provisions dans les banques. On verra également que les acteurs qui ont acheté des actifs toxiques avec une décote très forte enregistreront de forts profits sur la même période. C'est pour cette raison qu'il est crucial, lorsque les Etats recapitalisent les banques, de s'assurer qu'aucun actif n'est bradé.Quels objectifs doivent être assignés aux futures normes ?Concernant les normes prudentielles, il vaut mieux disposer de règles contracycliques. Il faut accroître les exigences en capital en période d'euphorie et inversement en période de crise. Il faut surtout éviter un système dans lequel les normes comptables se télescopent avec les normes prudentielles. Enfin, il est crucial de remettre de la réflexion politique dans le débat. Jusqu'à présent tout a été pensé dans une logique court-termiste. Si le politique comme c'est le cas aujourd'hui reprend sa place, on ira vers des solutions novatrices.

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