Mobilisation en Espagne contre les réductions d'effectifs

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Manifestations prévues aujourd'hui, grèves partielles, piquets informatifs devant les usines : les syndicats espagnols de l'automobile partent en guerre contre les plans de réduction de personnel qui se multiplient dans tout le pays, principalement en Catalogne. Le dernier en date : celui annoncé par Nissan prévoit la suppression temporaire de 1.680 emplois dans son usine de Barcelone, soit près d'un tiers du total de son personnel en Espagne.Neuf jours plus tôt, c'était Seat qui annonçait la mise à pied provisoire de 4.700 travailleurs, également à Barcelone. Le mois précédent, Ford avait annoncé une décision similaire dans son usine de Valence, et General Motors dans celle de Saragosse. Et ce malgré la mise en oeuvre d'un système flexible de " bourse d'heures " accepté par les syndicats, qui permet à la direction de moduler une partie des horaires de travail de son personnel en fonction des fluctuations de la demande. À la base de ce dégraissage massif, bien sûr, la chute du marché : durant les neuf premiers mois de 2008, les immatriculations en Espagne ont baissé de 22 %, un pourcentage qui, en outre, va en s'accélérant au fil des mois.82 % DES VEHICULES EXPORTESCertes, dans un pays qui exporte pas moins de 82 % des véhicules qu'il fabrique (un record en Europe), l'exportation avait réussi à compenser provisoirement l'atonie du marché domestique. Mais aujourd'hui que la crise est générale sur le continent, c'est tout le secteur automobile espagnol qui est en berne : si sa production globale n'a baissé que de 3,6 % sur l'ensemble des huit premiers mois de l'année, la dégringolade est en revanche de 49,4 % pour le seul mois d'août !Reste que cette faiblesse de la demande, tant nationale qu'européenne, n'est pas seule en cause. Des délocalisations sont à l'oeuvre. Nissan réduit la voilure alors que ses ventes en Espagne ont augmenté de 18 % entre janvier et août ! Le constructeur japonais accélère ses transferts, notamment vers sa nouvelle usine de Tanger. Ainsi concurrencé par les pays aux moindres coûts salariaux, le secteur automobile espagnol, qui emploie 9,3 % du total de la main-d'oeuvre nationale et concentre 14,3 % de la valeur totale des exportations, doit en outre faire face à un facteur supplémentaire de vulnérabilité. La plus grande partie des constructeurs automobiles en Espagne sont en fait des filiales de grands groupes internationaux. En période de crise, ces géants ménagent généralement moins leurs implantations étrangères que leurs usines nationales.

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