Bulle sur les titres d'État à court terme

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Signe que deux séances d'euphorie en Bourse ne suffisent pas à marquer la fin de la crise, le goût des investisseurs pour les titres les moins risqués ne se dément pas. Considérés comme les valeurs refuges par excellence, les emprunts d'État à court terme bénéficient plus que jamais des faveurs des fonds monétaires. " Ceux-ci restent extrêmement prudents : ils hésitent toujours à revenir sur le marché interbancaire ", explique Vincent Chaigneau, le responsable de la recherche taux de la Société Générale. Le rendement des T-Bills à 3 mois du Trésor américain cédait à nouveau du terrain hier, autour de 0,17 % au plus bas. Quant à celui des BTF français à 2 ans, il se repliait à 3,28 %, un niveau de rémunération largement inférieur au refi ou encore au taux que les banques peuvent obtenir en laissant leurs liquidités à la BCE !LA BCE SUR LE QUI-VIVELa liquidité tarde à revenir sur le marché interbancaire. Certes, les institutions financières les plus actives de ce marché déclarent des taux de référence moins excessifs. L'euribor s'est à nouveau replié de 7 points de base à 5,17 % hier. Mais les banques centrales ne s'y trompent pas. Loin de baisser la garde, la BCE a même annoncé hier qu'elle élargissait la gamme des actifs que les banques pourront utiliser comme collatéraux pour obtenir des financements auprès d'elle.Quant à l'envolée des titres souverains à court terme, elle commence à inquiéter les stratégistes de marché. " Quel que soit le scénario de politique monétaire que les investisseurs vont adopter ces prochaines semaines, les taux d'intérêt des T-Bills, mais aussi des titres à court terme des États européens vont remonter tout aussi violemment qu'ils ont baissé ", préviennent les économistes d'Aurel BGC, Christian Parisot et Jean-Louis Mourier.Les titres à court terme ont non seulement profité de la hausse de l'aversion au risque - qui ne demande désormais qu'à refluer -, mais aussi des anticipations de détente monétaire. Or celle-ci ne pourra pas se poursuivre indéfiniment. La Fed n'a plus beaucoup de marge de manoeuvre. Quant à la BCE, elle retrouvera sa " vigilance " naturelle vis-à-vis de l'inflation à la première occasion.

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