Les primes de risque ont atteint des sommets historiques

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Après deux semaines d'extrême volatilité, les marchés actions mondiaux ont fini par capituler vendredi dernier. Faut-il y voir pour autant la fin des marchés actions ? Pas vraiment. Si les mauvaises nouvelles macroéconomiques sont clairement devant nous, entre la confirmation d'une récession dans les pays de l'OCDE et la dégradation rapide de la conjoncture économique des pays émergents, les marchés semblent avoir pris clairement une longueur d'avance sur les analystes ou les grands décideurs du monde économique. Vendredi dernier, la prime de risque du DJ Stoxx 600 a atteint le record de 8,4 %, reflétant le sentiment général des investisseurs. Ce chiffre est bien supérieur aux primes connues lors du marché baissier du début des années 2000 (maximum atteint en septembre 2002 avec 7,5 %). C'est le signe que les Bourses intègrent d'ores et déjà un scénario de récession mondiale prononcée pour 2009.Autre preuve du pessimisme des marchés, pour justifier le niveau des cours boursiers de vendredi dernier, les entreprises composant le DJ Stoxx 600 devraient voir leurs profits reculer de 30 % en 2009, puis de 20 % supplémentaires en 2010. On est donc à des années-lumière des attentes des analystes pour les années à venir : si le consensus pour 2008 se situe aujourd'hui en territoire légèrement négatif (- 1,1 %), les analystes parient toujours sur un rebond des profits des entreprises européennes dans les deux prochaines années (+ 11,9 % en 2009 puis + 8,8 % en 2010).Si ces chiffres sont selon nous loin de la réalité, les marchés actions nous semblent toutefois trop pessimistes quant aux perspectives de profitabilité des entreprises. La chute d'une violence sans précédent enregistrée par les Bourses mondiales la semaine dernière a davantage résulté d'investisseurs craignant un effondrement du système financier mondial que d'une correction légitime des valorisations des actions européennes déjà fortement décotées. Après la volonté affirmée de l'ensemble des gouvernements des pays industrialisés de soutenir coûte que coûte le système financier mondial, les investisseurs devraient peu à peu retrouver leur sérénité. Pour autant, la multiplication des coups encaissés depuis plus d'un an a fini par miner le moral des investisseurs, qui auront du mal à rester durablement exposés aux marchés actions dans les prochains mois, en dépit de valorisations historiquement attractives.

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