Le pétrole pris dans une spirale baissière

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La chute des cours du baril s'accélère. Le brent teste maintenant la barre des 70 dollars. Le contrat pour échéance novembre cotait en fin d'après-midi 70,88 dollars, en repli de 3,65 dollars, et le WTI coté sur le Nymex perdait 3,81 dollars, à 74,82 dollars. Il a atteint son plus bas niveau depuis treize mois. La demande qui faiblit des deux côtés de l'Atlantique, la crise financière, le départ des investisseurs vers d'autres classes d'actifs moins volatiles ont fait perdre au pétrole près de la moitié de sa valeur depuis le pic à 147 dollars le baril atteint le 11 juillet. " Même si les gouvernements parviennent à calmer les marchés financiers et à dégeler les marchés du crédit à brève échéance, les conséquences sur l'économie réelle des vents contraires financiers devraient être considérables ", estiment les analystes de JP Morgan qui ont ramené leur prévision de prix du baril de brut à 79 dollars pour le quatrième trimestre et encore plus drastiquement pour 2009, à... 47,75 dollars.COMPRENDRE LE DESAMOUR QUI FRAPPE L'OR NOIRAu-delà des fondamentaux du marché, le passage sous les 80 dollars a rendu exerçables les nombreuses options de couvertures libellées à ce prix, ce qui renforce la pression sur le marché. Comme l'explique Jacques Chaussard, le spécialiste du pétrole chez Crédit Agricole, les seuls fondamentaux ne peuvent expliquer la chute, pas plus qu'ils n'expliquaient selon lui la flambée alors que le marché a été constamment approvisionné en quantité suffisante. Il faut selon lui regarder du côté du dollar pour comprendre le désamour qui frappe l'or noir. Il est normal que le pétrole qui avait été utilisé pour couvrir le risque de glissade du billet vert perde ce soutien lorsque ce risque s'estompe. À cette aune, la baisse de production attendue lors de la réunion extraordinaire de l'Opep à Vienne pourrait s'avérer inefficace à court terme pour enrayer la spirale baissière spéculative. En attendant les analystes escomptent une hausse de 1,9 million de barils de brut et de 2,9 millions de barils d'essence lors de la publication aujourd'hui des stocks hebdomadaires américains. De quoi accentuer encore les pressions sur le baril.

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