Le marché doute de la discipline des producteurs de l'Opep

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C'est avec flegme que le secrétaire général de l'Opep a réagi, hier, au recul des cours du pétrole. Le baril de WTI a en effet décroché de plus de 5 % à l'ouverture du marché, avant de se reprendre. En fin d'après-midi, sur le Nymex, le contrat WTI pour livraison avril avait gagné 2,35 %, à 47, 35 dollars et, à Londres, le brent ne cédait plus que 1,18 %, à 43, 75 dollars. « La volatilité est devenue normale sur le marché du pétrole, les cours montent ou baissent de 5 % tous les jours », a constaté Abdallah el-Badri. L'absence de nouvelle réduction de la production surprenait toutefois les experts, hier. Car si l'Opep souhaite voir ses membres respecter fidèlement leurs quotas, ce qui correspond théoriquement à mettre moins de pétrole sur le marché, historiquement cette situation ne s'est jamais produite. Les objectifs de production sont aujourd'hui respectés à 79 %, ce qui représente déjà un record. « Techniquement, respecter les quotas à 100 % est impossible », a reconnu le responsable de l'Opep. Un puits de pétrole ne peut être totalement mis en sommeil, pour ne pas endommager les installations. Il faut donc prévoir des petites réductions de production sur tous les puits, ce qui est difficile à gérer. Mais l'organisation pense que, cette fois, la discipline jouera plus efficacement et elle vise maintenant un respect des quotas à 93 %, voire 95 %.ambitions russesDifficile à concrétiser, cet objectif a toutefois été adopté pour modérer l'expansion des autres pays producteurs sur le marché du pétrole. « Au sein de l'organisation, nous n'avons aucun problème de répartition des parts de marché. Mais nous ne voulons pas que les autres producteurs profitent de la situation, surtout ceux qui viennent s'asseoir à notre table », a déclaré le secrétaire général, faisant référence à l'attitude de la Russie, qui ne réduit en rien sa production tout en prétendant le contraire et dont l'importante délégation a été remarquée, ce week-end, lors du sommet de Vienne. Le rôle ambigu de la fédération sur le marché du pétrole a été accentué par l'invitation lancée dimanche par le vice-Premier ministre, Igor Setchine, à une conférence internationale à Moscou à l'automne prochain. Une initiative accueillie avec prudence par l'Opep qui attend des signes attestant de la loyauté de ce grand partenaire. « Les pays membres qui y participeront ne le feront pas au titre de l'Opep », a prévenu Abdallah el-Badri.

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