Les défauts d'entreprises se multiplient en Europe

 |  | 371 mots
Lecture 2 min.
toujours plus rares en Europe qu'ailleurs, les défauts d'entreprises ont une fâcheuse tendance à se multiplier depuis le milieu de l'année dernière. Selon l'agence de notation financière Standard & Poor's, sept sociétés privées européennes se sont trouvées dans l'incapacité d'honorer le remboursement de leur dette ou le paiement de leurs intérêts en 2008 (125 dans le reste du monde). Parmi elles, le groupe de vin et spiritueux français Belvédèrete;dère ? il fait l'objet d'une procédure de sauvegarde ?, la banque islandaise Glitnir, l'entreprise de transport maritime Britannia Bulk, la maison mère du groupe de luxe italien Gianfranco Ferré, IT Holding, le fabricant anglo-irlandais de porcelaine Waterford Wedgwood et le chimiste néerlandais LyondellBasell.Bonne nouvelle : en dépit de la violence de la crise, beaucoup moins d'émetteurs ont fait défaut sur leur dette qu'en 2001 (12) ou pis en 2002 (19). Mais c'est une bonne nouvelle en trompe-l'?il. Les montants affectés par les défaillances se sont nettement accrus : la dette cumulée des émetteurs européens ayant fait défaut en 2008 atteint 80 milliards de dollars, ce qui représente quatre fois le montant de dette en défaut en 2002 et près de quarante fois le cumul de 2001.Autre constatation inquiétante : un an avant son défaut, Glitnir était toujours notée en catégorie dite « d'investissement ». Les déboires de la banque islandaise avaient, on s'en souvient, écorné la crédibilité des agences de notation, déjà mise à mal par la brutalité des dégradations des produits structurés type CDO liés aux prêts subprimes.« anges déchus »À 0,47 % pour les émetteurs classés en catégorie d'investissement et 10,78 % pour ceux de la catégorie spéculative, les taux de défaillance cumulés moyens sur cinq ans en Europe restent toutefois nettement inférieurs à ceux observés ailleurs. Ces ratios atteignent respectivement 1,19 % et 16,59 % au niveau mondial.Ils devraient rester orientés à la hausse encore quelque temps. Standard & Poor's recense 82 candidats à la relégation en catégorie « spéculative ». Représentant plus de 200 milliards de dollars de dette, ces « anges déchus » potentiels n'avaient pas été aussi nombreux depuis 18 ans. S. R.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :