L'étrange bonne santé des établissements bancaires chinois

 |  | 441 mots
Lecture 2 min.
Plus 27 % pour China Life, + 38 % pour China Resources. Sur le papier, les perspectives bénéficiaires des banques chinoises ont encore de quoi laisser rêveuses leurs cons?urs américaines et européennes. À titre d'exemple, Bank of Communications et Shenzhen Development Bank qui, toutes deux, doivent publier leurs résultats cette semaine ? les 18 et 20 mars ? profitent d'ores et déjà, en termes de bénéfices par action, de belles perspectives : + 70 et 430 %? Dans les bureaux d'analyses, chargés de décortiquer ces résultats, cette croissance ? et pas seulement celle des banques citées ? ne fait cependant guère illusion. Sur les seuls deux premiers mois de l'année, le montant des prêts en Chine représente d'ores et déjà 80 % du montant accordé l'an dernier. Un chiffre qui, à lui seul, est déjà suspect. « Aujourd'hui le robinet est ouvert, et les prêts accordés le sont essentiellement aux entreprises publiques... qui, on le sait, ne remboursent presque jamais », avertit Jean-Luc Buchalet, président de Pythagore Investissement. « En accélérant leurs prêts à risque, les banques chinoises bénéficient donc d'un taux de rémunération plus élevé, mais il ne faut pas se leurrer, derrière ces bons comptes d'exploitation se cachent des sérieux problèmes de provisions et de créances douteuses. » Dans ce contexte, le semi-aveu de Wen Jiabao, le Premier ministre chinois, quant à la « difficult頻 ? autrement dit l'impossibilité ? pour Pékin de respecter cette année le cap des 8 % de croissance, ne fait qu'ajouter aux craintes des professionnels. Bulle sur l'investissementSelon Sunil Garg, analyste chez JP Morgan, « le fait que l'écart se creuse entre la croissance du crédit et celle de l'économie ? la première devrait être deux fois plus rapide que la seconde ? laisse typiquement présager la création d'une bulle sur l'investissement ». D'après lui, la Chine ne serait aujourd'hui « qu'au début de ce phénomène ». En d'autres termes, le pays est encore à l'aune d'une période « euphorisante pour les profits des banques et les valeurs bancaires ? qu'il recommande d'ailleurs de surperformer en Bourse ». Mais, celle-ci devrait très logiquement se dénouer par un retournement, à savoir « le dégonflement » plus problématique de cette bulle. « Même si, précise-t-il, le pic reste encore difficile à prévoir. » Selon plusieurs experts, celui-ci ne devrait toutefois pas intervenir avant 2010. « La Chine fait pour l'heure ce qu'elle veut avec sa masse monétaire, mais les problèmes surgiront vraiment le jour où celle-ci ralentira », estime Sébastien Djaoui, courtier responsable de l'Asie hors Japon chez Nomura, « peut-être seulement d'ici deux ou trois ans ».Marjorie Bertouille

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :