Après les émeutes, la Thaïlande voit son crédit fortement écorné

 |   |  405  mots
Le Premier ministre a regagné son bureau, et l'armée a repris le contrôle. Si sur le papier, la crise thaïlandaise paraît jugulée, dans les faits, les jours de violence du début de semaine pourraient laisser de vives traces dans le pays. Sur un plan financier, les conséquences se font d'ailleurs déjà sentir. Les agences de notation ont d'ores et déjà commencé à revoir la note de la dette souveraine du pays. méfiance redoubléeMardi, Standard and Poor's a tiré la première et a dégradé la note en monnaie locale (A/A-1 à A-/A-2), tout en maintenant sa perspective négative. Hier, Fitch lui a emboîté le pas, et a abaissé la sienne d'un cran (BBB contre BBB+). Enfin, Moody's pourrait également suivre bientôt cette voie. Selon Vincent Ho, analyste chez Fitch, « l'effet cumulé des épisodes répétés de désordres politiques constitue une faiblesse structurelle de la gouvernance en Thaïlande, minant l'autorité de l'État et la crédibilité des dirigeants politiques du pays ». Dans ce contexte, « aucune des parties ne semblant prête au compromis, poursuit l'analyste, il y a fort à craindre que ce blocage ne donne lieu à de nouveaux « désordres civils » ». La sonnette d'alarme tirée, les investisseurs devraient redoubler de méfiance à l'égard de ce marché. « Les intervenants étrangers sont relativement habitués à l'instabilité politique qui règne dans ce pays depuis des années », commente Sébastien Barbe, stratège chez Calyon, « néanmoins, ces dégradations de note prouvent que les risques ont considérablement augment頻. Les marchés financiers thaïlandais pourraient en pâtir, en étant notamment plus marginalisés encore. Hier, après une fermeture de plusieurs jours, liée à la trêve du jour de l'an local, l'indice SET a limité sa chute : il n'a perdu que 0,20 %. Toutefois, depuis le début de l'année, il reste déjà fort en retard (il ne gagne que 0,67 %) par rapport à d'autres places d'Asie émergentes. Et à en juger par l'attitude de certains brokers, la situation ne devrait pas s'arranger. Certains revoient déjà leur opinion sur des sociétés locales, notamment celles liées au secteur exposé du tourisme. Un exemple : Deutsche Bank recommande désormais à la vente le groupe hôtelier Minor International. Il avait fait de même, le 9 avril, au sujet du groupe Thaï Airways. Marjorie Bertouille

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :