Royal Bank of Scotland redevient très agressive sur les prêts

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Huit mois après sa nationalisation, Royal Bank of Scotland (RBS) reprend activement du service. Depuis plusieurs semaines, la banque britannique, détenue à 70 % par l'État, est de nouveau très présente sur ses marchés de prédilection liés à la dette. Des métiers qu'elle avait un peu abandonnés après sa nationalisation. Pour les financements d'entreprises ou les émissions obligataires, RBS redevient très « agressive » en Grande-Bretagne, selon plusieurs sources bancaires, et n'hésite pas à rogner sur ses commissions. « Elle vise des marges plus basses que les nôtres, parfois inférieures de 30 points de base (0,3 %) », explique un dirigeant d'une banque française à Londres.« Le prix que RBS peut se permettre d'offrir est artificiellement soutenu par sa note de crédit, qui reste à A grâce à sa nationalisation », précise un banquier de la City.Mais si RBS utilise à nouveau son bilan pour prêter, c'est uniquement pour les entreprises britanniques. Ailleurs en Europe, comme en France par exemple, elle ne participe qu'aux opérations d'intermédiation telles que les émissions obligataires, qui ne nécessitent pas d'engagements au bilan. Là aussi, « RBS reste très agressive en termes de prix », explique un banquier parisien. Mais de l'avis de tous, y compris ses concurrents, la banque écossaise reste éloignée des prises de risques excessives qui ont conduit à sa nationalisation.Ce retour au « business » se vérifie dans les chiffres de la banque. Au premier trimestre, ses prêts aux PME étaient en hausse de 5 % par rapport à l'an dernier, tandis que ses prêts immobiliers progressaient de 10 %, malgré la récession. RBS a aussi participé à 20 milliards de livres d'émissions d'actions et d'obligations.consignesLa banque nationalisée obéit en réalité aux consignes du gouvernement. En février, en se mettant d'accord avec l'État pour garantir ses actifs toxiques, elle n'a pas eu le choix. Le gouvernement britannique acceptait de garantir un portefeuille de 325 milliards de livres (380 milliards d'euros), mais en échange, RBS s'engageait à prêter 25 milliards de livres supplémentaires cette année et 25 milliards l'année prochaine. Les mêmes exigences ont été imposées à Lloyds Banking Group et à Northern Rock, également nationalisées. Au total, l'État britannique s'assure donc d'injecter 92 milliards de livres (108 milliards d'euros) supplémentaires sur deux ans, l'équivalent de 3 % de l'ensemble des prêts britanniques par an. RBS réplique qu'elle ne prête « que sur des bases commerciales », refusant d'admettre qu'elle agit sur ordre de l'État. Downing Street se défend d'intervenir dans les affaires courantes des banques. Ce n'est pas l'État qui gère directement sa participation dans les banques nationalisées, mais un organisme distinct. « Pourtant, je crains que la barrière entre les deux ne soit très fine », souligne une source proche du Trésor. Progressivement, Downing Street a fait des banques nationalisées le bras armé de son plan de relance.

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