Les soldes d'été en mode mineur

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À quoi bon ? Mais à quoi bon faire les soldes ? Manifestement, beaucoup de Français se sont posé la question depuis le mercredi 24 juin, date du démarrage des soldes d'été pour cinq semaines. Et, à la veille du départ en vacances, boucler sa valise d'été, sans passer par un magasin mais en piochant dans la garde-robe 2008, aura suffi. Le bilan des premières ventes en soldes le démontre : les dépenses d'habillement auraient chuté de 3 % à 5 % sur la première quinzaine des soldes par rapport à la même période en 2008, selon les estimations de l'Institut français de la mode (IFM). « Seuls les grands magasins et les chaînes de grande diffusion [type Kiabi, Gémo ou La Halle aux Vêtements, Ndlr] ont affiché des chiffres d'affaires comparables voire supérieurs à 2008 », observe-t-on à l'Institut. Les enseignes alimentaires payent un plus lourd tribut encore. Le recul des ventes d'habillement est supérieur à ? 10 % dans les hypermarchés, toujours selon l'IFM.budget vacances serréPourtant, tout avait bien débuté. Dès le 25 juin, à 8 heures du matin, une petite foule d'accros au shopping se pressait devant les portes du Printemps du boulevard Haussmann. Quelques minutes plus tard, au rayon du prêt-à-porter de luxe, Christine Lagarde, ministre des Finances, flanquée de ses conseillers, y lançait officiellement les soldes d'été 2009, en se félicitant qu'ils demeurent la « grande fête du commerce ». Et au premier jour des soldes, les ? 70 % de remise pratiquée dans quasiment tous les magasins d'habillement en France ont convaincu les consommateurs les plus assoiffés. « Mais début juillet, le soufflé est complètement retomb頻, juge le délégué général du Conseil national des centres commerciaux Jean-Michel Silberstein. Depuis le début du mois, la fréquentation dans les centres commerciaux et les galeries marchandes est repartie à la baisse, après un sursaut de 1,9 % au mois de juin.En fait, à la veille des départs en vacances, la conjoncture économique et sociale a fait son travail de sape. « La moitié des Français ont sacrifié leurs plans de vacances », rappelle la directrice générale adjointe de l'institut d'études d'Oto Research, Anne-France Allali. Et parmi ceux qui ont décidé de maintenir leur budget consacré aux vacances d'été, 25 % ont décidé de restreindre leurs achats d'habillement, selon un sondage réalisé par Oto Research auprès de 750 personnes. « Les consommateurs arbitrent », confirme le président exécutif de la Fédération des enseignes d'habillement, Jean-Marc Génis.Faut-il y voir aussi un effet de la mise en place des soldes flottants ? Depuis début janvier, les commerçants peuvent revendre à perte pendant deux semaines par an, aux dates de leur choix. Cette possibilité a été utilisée par beaucoup d'enseignes huit jours durant pour relancer les ventes, notamment fin avril. « Toute la saison, les soldes ont été anticipés », regrette Jean-Marc Génis. Les consommateurs en ont profité. « Cela rend les soldes moins événementiels », déplore aussi Jean-Michel Silberstein.

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