Même chers, les marchés émergents attirent

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Les pays émergents ne sont plus bon marché en Bourse. Et pourtant, la Chine, l'Inde, la Russie, le Brésil, voire la Turquie, attirent toujours les investisseurs. Selon le sondage que vient de réaliser Bank of America-Merrill Lynch auprès de gérants de portefeuilles à l'échelle mondiale, 54 % d'entre eux surpondèrent la part des pays émergents dans leurs portefeuilles, au détriment des marchés matures d'Europe de l'Ouest et d'Amérique du Nord. Si bien que, pour la première fois depuis un an, les gérants sous-pondèrent les États-Unis dans le cadre de leurs allocations d'actifs.Cette préférence pour les marchés émergents semble curieuse, au vu des performances des indices boursiers depuis le début de l'année. Les Bric affichent des envolées boursières comprises entre 36 % et 74 %, alors que le S&P 500 et le Dow Jones Euro Stoxx 50 ne gagnent que 3 % et 0,77 %. Wall Street et les places européennes recèlent donc a priori davantage de potentiel que les Bourses émergentes. Surtout que celles-ci, du fait de leur bond spectaculaire, sont désormais bien valorisées et se paient plus cher que les marchés européens et d'Amérique du Nord. Selon les données de l'agence Bloomberg, l'indice MSCI Emerging Markets vaut 1,7 fois l'actif net des sociétés qui le composent, contre un multiple de 1,5 pour l'indice MSCI des marchés matures. Certes, les perspectives économiques de ces derniers sont bien moins alléchantes que celles des Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine). D'après le Fonds monétaire international, la croissance économique des pays émergents devrait s'élever à 1,5 % en moyenne, cette année, et à 4,7 % en 2010. Les économies matures font pâle figure, avec une contraction estimée à 3,8 % en moyenne pour 2009, et un léger rebond de 0,6 % l'an prochain. Pour la société de gestion Carmignac, cela justifie la prime boursière dont bénéficient les marchés émergents. D'autant plus que les grandes économies émergentes, après avoir assaini leurs comptes publics, ne sont plus aussi fragiles ni volatiles que par le passé.correction à venirCette théorie du découplage économique entre pays matures et marchés émergents est à l'origine de la « surperformance » boursière de ces derniers depuis le début de l'année. Il est vrai que les Bric tendent à favoriser les échanges commerciaux entre eux, afin de réduire leur dépendance à l'égard de l'Europe et des États-Unis. Résultat, au premier semestre 2009, la Chine a représenté 14 % environ des exportations brésiliennes, devenant ainsi le premier client du Brésil, devant les États-Unis (11 %).Pour autant, les marchés émergents ne devraient pas échapper à une correction, dans les prochains mois. Blackfriars Asset Management évoque « une possible chute de 15 % au cours des mois d'ét頻. Mais pas de quoi remettre en cause le potentiel à plus long terme des marchés émergents, qui ont simplement besoin de reprendre leur souffle, rassure la société de gestion. Mieux, Blackfriars voit dans cette correction à venir « un point d'entrée plus attrayant », pour les investisseurs qui n'avaient pas encore misé sur les émergents. Et s'il y a un pari à faire, pour Fidelity, c'est celui des marchés émergents de la zone Emea (Europe Middle-East Africa). La société de gestion souligne l'industrialisation croissante de ces pays, l'importance et la jeunesse de leur population. Autre avantage, boursier celui-ci, le « price to book » (cours rapporté à l'actif net) des pays émergents d'Europe se limite à 1, selon les calculs de la Société Généralecute; Générale. Avec les pays comme avec les entreprises, le « stock picking » est aujourd'hui de mise.

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