Philippe Séguin donne quitus à l'Élysée pour son budget

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Dans la passe d'armes qui oppose le député (apparenté PS) René Dosière à l'Élysée, la Cour des comptes penche résolument du côté de la présidence de la République. Lors d'un exercice historique ? le dernier chef de l'État dont les dépenses furent contrôlées était? Louis XVI ?, la Cour adresse un satisfecit global, bien qu'agrémenté de quelques réserves, à l'Élysée pour la gestion de son budget 2008. La Cour ne reprend pas la critique de René Dosière dénonçant un triplement du budget de l'Élysée entre 2007 et 2008. Philippe Séguin, juge ces comparaisons dénuées de sens puisque les périmètres étudiés ne sont pas les mêmes. Le premier président de la Cour des comptes préfère souligner que « des progrès plus que significatifs ont été accomplis ». Il salue le fait que « la plus grande part des dépenses relatives à la présidence a été intégrée dans le budget de l'Élysée », lequel s'est monté à un peu plus de 110 millions d'euros en 2008. Ainsi, depuis le 1er janvier 2008, la présidence rembourse les salaires et charges sociales des personnels qui sont mis à sa disposition. De même, les crédits nécessaires aux déplacements présidentiels sont désormais inscrits au budget de l'Élysée. Ces deux cas montrent la volonté de la présidence de la République de sortir d'un régime d'exemptions pour s'inscrire progressivement dans le droit commun. Les enjeux de cette démarche sont d'ailleurs plus symboliques que financiers. Le budget de l'Élysée représente 0,05 % du budget de l'État et est près de cinq fois inférieur à celui de l'Assemblée. Mais cet effort doit être « poursuivi et amplifi頻, note Philippe Séguin. « peut mieux faire »La Cour pointe certaines anomalies ainsi que des pistes d'économies. Au chapitre des anomalies, la Cour s'étonne de la valorisation des avantages en nature déclarés par les occupants de logements de fonction. La Cour note que les quatre principaux collaborateurs de Nicolas Sarkozy déclarent chacun le même montant (11.200 euros) alors qu'ils occupent des superficies très différentes allant du studio au F10. Autre problème pointé par la Cour?: la très faible mise en concurrence des fournisseurs du « Château ». Philippe Séguin a relevé que l'Élysée se fournit en viande dans la même boucherie depuis 1969. De même, la Cour pointe que pour la garden-party du 14-Juillet la consultation préalable au choix d'un prestataire pour l'organisation a été de pure forme. La société en charge de cette manifestation depuis 1995 a été reconduite alors que son offre était bien plus chère de 110.000 euros que celle de son concurrent. La Cour s'interroge aussi sur les conditions dans lesquelles a été passée une convention de 1,5 million d'euros entre l'Élysée et un cabinet d'études travaillant avec l'institut Opinion Way. Côté économies, l'Élysée pourrait paradoxalement en faire d'importantes si le président employait les avions de l'État pour ses vacances plutôt que des vols commerciaux. En effet, même pour un voyage privé, le chef de l'État doit être accompagné d'au moins six ou sept personnes payées sur des fonds publics, et un avion d'État, vide, le suit dans tous ses déplacements. Puisque cet avion se déplace de toute façon, mieux vaudrait que le chef de l'État et sa famille l'empruntent puis remboursent le prix du trajet sur la base des tarifs pratiqués par les lignes régulières, suggère la Cour. L'Élysée pourrait aussi faire des économies si les chefs d'entreprise qui accompagnent le chef de l'État dans certains déplacements officiels étaient mis à contribution, suggère la Cour. Ou si les factures de gaz et d'électricité étaient payées à temps. Une négligence qui a valu des pénalités de plus de 3.000 euros à l'Élysée. Autre négligence pointée par la Cour : 14.000 euros de dépenses privées ont été réglés sur des fonds publics. À peine signalée cette erreur a été réparée?: Nicolas Sarkozy a remboursé.

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