Sur le marché du café, le clivage s'accentue entre robusta et arabica

matières premièresRien ne va plus pour le robusta. Moins bien considéré que l'arabica en raison de son amertume, même s'il est intégré à la plupart des cafés en raison de sa forte teneur en caféine, le robusta est aussi une des rares matières premières à afficher une performance négative depuis le début de l'année, avec un repli de 10 %. À l'inverse, l'arabica progresse de 16 %, à 128 cents la livre vendredi soir à New York. La tendance n'a fait que s'accentuer ces dernières semaines. Il faut dire que les plants de robusta de la province de Dak Lak au Vietnam ont bien mieux résisté aux intempéries que ce que le marché attendait : les fortes pluies durant la floraison n'ont pas empêché les fruits de se former puis de mûrir sans problème. La récolte, qui démarre en octobre, devrait être excellente. Sur les neuf premiers mois de l'année, les exportations de café du Vietnam atteignent déjà 14,6 millions de sacs, contre 16 millions de sacs pour toute l'année 2008. Selon l'International Coffee Organisation, les exportations du pays pourraient atteindre 19 millions de sacs cette année. La situation est comparable en Indonésie, quatrième producteur mondial de café, qui produit principalement du robusta. Rien de tel pour l'arabica. Au Brésil, premier producteur mondial de café, la production ne peut que chuter cette année en raison du rythme biennal des plants de café : après une grosse production l'année dernière (35,5 millions de sacs d'arabica), on attend une petite récolte, de 28,3 millions de sacs pour 2009. solide marketingEt le phénomène climatique El Niño, qui s'est confirmé ces derniers jours, risque d'accentuer ce clivage. Selon Inmet, l'institut météorologique brésilien, des pluies supérieures à la normale sont attendues au Brésil jusqu'au mois d'octobre. Or, l'excès d'eau retarde, voire compromet parfois le développement des cerises de café. Et le marché garde en mémoire le dernier épisode d'El Niño, qui a?vait envoyé l'arabica vers des sommets, à 200 cents la livre sur le marché américain. Au total, la part de robusta dans la production d'or vert pourrait rebondir cette année. De 36 % du total en 2008, le robusta pourrait atteindre jusqu'à 38 % de la production de 127 millions de sacs de café attendue cette année. Ce qui explique que les industriels anticipent la divergence des cours et achètent plus d'arabica. Tirée par un solide marketing, la demande du consommateur porte désormais surtout sur l'arabica, alors que le robusta à tendance à gagner du terrain en raison des arbitrages. Et selon l'ICO, « la crise économique mondiale n'a pas affecté la consommation générale de café, bien que des rapports aient fait état de changements dans les modes de consommation, notamment une évolution vers une consommation plus importante à la maison ». Aline Robert

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