Nasdaq OMX se lance dans la compensation

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Mise en lumière par la crise, la gestion du risque de contrepartie sur les marchés commence à agiter les opérateurs boursiers. L'heure est à l'initiative. Hier, Nasdaq OMX a dévoilé son intention de racheter 22 % de la filiale de compensation de Fortis, European Multilateral Clearing Facility (EMCF), à Fortis Bank Nederland. Les participants et les institutions financières sont aussi invités à prendre part au capital. EMCF faisait partie des actifs de Fortis repris par le gouvernement néerlandais. Cette " nationalisation " avait provoqué le soulagement parmi les clients de la plate-forme alternative Chi-X, qui s'interrogeaient sur le devenir de leurs dépôts de garantie." En Europe, les intervenants font face à un paysage fragmenté en matière de post-marché. Investir dans EMCF permet de fournir à nos clients une solution unie de compensation ", a justifé hier Robert Greifeld, le patron de Nasdaq OMX, dans un communiqué. EMCF offrira ses services pour les marchés européens de Nasdaq OMX, qui mise sur une tarification mondiale en fonction des volumes traités. Mais au-delà, Robert Greifeld révèle surtout ses ambitions dans la compensation. Rebaptisée Nasdaq Clearing Corp, la filiale spécialisée de l'ancienne Bourse de Boston (rachetée à l'été) assurera dès 2009 la compensation pour les actions américaines, en concurrence avec Depositary Trust Clearing Corp.REDUCTION DES RISQUESL'opérateur transatlantique n'est pas le seul à surfer sur la vague de l'appel à la régulation des marchés et à la réduction des risques. La faillite de Lehman Brothers, mi-septembre, a montré l'importance des chambres de compensation. En se portant contrepartie de toute transaction, une chambre de compensation en assure la bonne fin. Les positions des participants sont calculées en cours de journée. Ce qui permet d'effectuer des appels de marge et d'éviter la constitution de positions perdantes trop importantes. En ultime recours, des fonds de garantie permettent de gérer un éventuel défaut, évitant ainsi le risque systémique.La chute de Lehman a d'ailleurs poussé certains intervenants sur les marchés de gré à gré à se tourner vers les marchés organisés. La Bourse allemande de l'électricité EEX a vu ses volumes doubler dans la semaine qui a suivi. Martin Abbott, le directeur général du London Metal Exchange, a évoqué lundi " une fuite vers le LME ", dont le volume d'activité a bondi de 40 % le mois dernier." Une réforme de la régulation exigera une réflexion minutieuse. Une compensation centralisée est une solution immédiate, qui a fait ses preuves ", a milité mercredi Walter Lukken, le président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), devant une commission du Sénat. Il était alors question du marché des credit default swaps (CDS) sur lequel se penchent plus particulièrement les autorités aujourd'hui. Trois opérateurs ont déjà proposé des solutions : CME Group associé à Citadel, l'Intercontinental Exchange et Eurex Clearing (la filiale de Deutsche Börse) qui a avancé l'idée d'un consortium avec gouvernance partagée. Nyse Euronext mise sur BClear, qui permet l'enregistrement et la compensation via LCH.Clearnet de transactions de gré à gré. Des contrats CDS sur les indices iTraxx de Markit devraient être lancés d'ici à la fin de l'année en Europe.

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