Miser sur les caractéristiques de l'entreprise

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Certains fonds thématiques ne s'appuient pas sur une tendance économique à long terme ou un positionnement sur un secteur d'activité, mais sur des caractéristiques particulières de l'entreprise. Oddo Génération et Meeschaert Entreprises Familiales proposent des OPCVM ciblés sur les sociétés dans lesquelles la famille du fondateur détient encore une part significative du capital ou une certaine influence sur les décisions stratégiques. Le capital de ces entreprises étant également l'actif de la famille, leur gestion est censée être plus prudente, dictée par une vision à long terme. Pas question de dilapider l'héritage familial à cause de choix hasardeux.LFP Avantages Compétitifs et Delubac Exceptions insistent sur la capacité des entreprises à imposer durablement leurs prix et donc préserver leurs marges.Cela peut passer par une image de marque forte, un savoir-faire reconnu, un avantage technologique ou une position dominante sur un marché peu accessible à de nouveaux entrants. Ce thème présente l'intérêt de pouvoir miser aussi bien sur des grandes valeurs que sur des acteurs de niches, leaders dans leur spécialité. De plus, il répond à une problématique liée à la mondialisation et l'augmentation de la concurrence qu'elle suscite. Plus ancien, le thème des situations spéciales a donné naissance à nombre d'OPCVM, qui s'intéressent surtout aux sociétés susceptibles de faire l'objet d'une OPA. Tout l'art de la gestion consiste à les identifier avant que les marchés ne s'emballent, lorsque les rumeurs se font pressantes. Et tirer profit des primes proposées lors de ces opérations.LOGIQUE D'EVALUATIONReste que le thème est cyclique et a notamment bénéficié d'un vaste mouvement de concentration qui a touché de nombreux secteurs de la cote en Europe entre 2002 et 2006. Certains fonds couplent donc cette approche avec une autre stratégie. C'est le cas d'Oddo Cibles et Leaders d'Oddo AM qui réoriente son allocation vers les prédateurs plutôt que les proies quand les marchés sont moins favorables à ce thème.Enfin, les concepts d'investissement socialement responsable et de développement durable peuvent également s'apparenter à une thématique d'investissement. En effet, ils ajoutent à l'analyse financière une logique d'évaluation portant sur le comportement de l'entreprise à l'égard de l'environnement, de son personnel, de ses actionnaires et de la société. Contrairement aux fonds éthiques, ils ne s'adressent pas à l'épargnant comme à un militant, mais proposent une nouvelle grille d'analyse, destinée à identifier les entreprises capables de s'adapter aux évolutions de la réglementation, des opinions publiques et de préparer l'avenir pour produire de la performance sur la durée. Un principe qui résume bien l'approche thématique, en cherchant à analyser l'entreprise au-delà des seuls critères financiers.Des trackers thématiquesPourquoi ne pas s'intéresser aux trackers ? Ces produits ne permettent, certes, pas de profiter de la spécialisation d'un gérant qui sélectionne les valeurs les mieux armées au regard de la thématique retenue. Mais leur facilité d'utilisation autorise une logique plus réactive et opportuniste. Easy ETF propose une gamme qui permet de miser sur l'eau, les infrastructures, le nucléaire ou l'agro-industrie, grâce à Easy ETF S-Box BNP Paribas Global Agribusiness . Ce tracker est investi dans 23 valeurs internationales - dont 30 % en Asie du Sud-Est - spécialisées dans la production d'engrais, d'équipements ou dans la culture et la distribution de produits agricoles non alimentaires. iShares n'est pas en reste avec six fonds thématiques dont iShares S&P Global Clean Energy, qui regroupe les acteurs majeurs de l'énergie solaire et éolienne. La bulle qui entourait le thème s'est quelque peu dégonflée, puisque l'ETF a abandonné près de 40 % en 2008. Mieux vaut d'ailleurs connaître la composition des indices sous-jacents avant de choisir un tracker. Powershares Palisades Global Water, qui mêle grandes et moyennes capitalisations, a chuté de 36 % depuis le début d'année tandis que les autres ETF, investis dans les grandes valeurs de l'eau, ont limité les dégâts en n'abandonnant qu'une vingtaine de pour cent.

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